nov 23 2011
est ce bien toujours Londres ?
Curieuse question dira-t-on. Je m’en vais poser l’argument.
Il fait nuit, après une longue journée de marche en ville nous sortons enfin de la station de métro. Le trajet était long, si long à mon avis qu’on a du changer de réalité, voire de monde et en tout cas de continent. Car devant nos yeux effarés les enseignes se doublent d’un affichage en hébreu, les passants portent kippa ou chapeau et redingote noire. Ha ! Evidemment l’hôtel s’appelle King Salomon, il y avait un indice que je n’ai pas décodé quand j’ai fait ma réservation sur hostel.com. (zone 4 pas cher) Devant la porte de chaque chambre un petit cartouche avec la prière traditionnelle à caresser avant d’entrer.
Le petit déjeuner est casher, pas le traditionnel anglais de la veille ; privées de saucisses nous nous résignons sans trop de peine à manger des “bagel” dans une salle bondée où l’on bavarde en hébreu et non en anglais. Je lorgne du coin de l’oeil les inévitables chinois. Ils ne portent pas de kippa, nous non plus, c’est vrai pas les filles. Dans toutes ces religions moyen-orientales comme dirait quelqu’un de ma connaissance la femme n’est pas très considérée.
De toute façon il fait beau et nous n’avons nul besoin de couvre chef. Nous allons d’un pas allègre visiter une autre communauté, celle des “gothics” à Camden, un marché rempli de tant de choses inutiles comme des tee shirt aux inscriptions amusantes, des chaînes, des jupes et des manteaux de cuir, une vitrine remplie jusqu’au toit d’antiques machines à coudre, de petites échoppes de nourritures exotiques, autour d’un charmant canal et son écluse. C’est dimanche matin, les ” authentiques gothics” cuvent leur bière et l’on se retrouve entre touristes (français, il y a de si nombreuses enseignes françaises à Londres qu’on se console de savoir La Rochelle envahie de grands bretons, la réciproque est vraie) Ce doit être le sens de l’Europe cette joyeuse mixité.
Après Camden nous reprenons la voie classique, Tower bridge qui n’est pas London bridge où nous avons tout d’abord débarqué bien perplexes du métro. Se serait-il écroulé sans que ne le sussions ! Non, non il est bien là et j’en reviens à mes amours traditionnelles, taxis, bus et autres cabines téléphoniques. Ouf, l’Angleterre reste l’Angleterre. Même si des immeubles de verre et d’acier ont surgi et s’élèvent de plus en plus nombreux sur les rives de la Tamise (fort crasseuse) et dans la City. Je pourrais renvoyer à l’oeuf de verre vu sur un autre blog. ça me plait beaucoup ce mélange d’ancien et de moderne.
Depuis Saint Paul une passerelle aérienne et légère a été jetée sur le fleuve jusqu’au musée la moderne Tate gallery que nous ne visiterons pas plus que le British. Il y a tant à voir au dehors et il fait si beau. Là aussi s’élève le théâtre tout rond, le “globe” où l’on joue Shakespeare l’Immense. Au pied de Saint Paul qui carillonne à tout va les indignés ne se bouchent pas les oreilles indifférents à tout ce bruit au dessus de leur tête. Trente patineurs à roulette tachent de ne pas se faire aplatir par les bus indifférents à leurs coups de sifflet. Heu moyen la sécurité. C’est pas en France qu’on verrait ça monsieur, pas un “bobby”, pas un uniforme à l’horizon.
En bref pour finir, un pie, une bière, Marks et spencer sans muffin aux pépites de chocolat, course à Victoria station pour prendre le bus, Hyde park et ses promeneurs à la nuit tombante, une mosquée, des embouteillages sans fin, un peu d’impatience, de foutues bottines qui ne peuvent plus s’enfiler après les contrôles de sécurité et nouvelle course vers la salle d’embarquement.