Archive for the 'textes' Category

fév 26 2010

propos sur un ucellino

Published by Marie-Andrée under textes

Comment on dit ? Question de base, élémentaire. Un petit jeu qui rime à rien, jusque pour agacer. Bien sûr détailler le programme de l’école maternelle française, écrire des mots aux parents toujours à la recherche de l’expression idoine, lire des romans faciles pourrait laisser l’illusion que l’on connait une langue. Soit. Je m’appuie sur une grammaire construite que je cherche à renforcer, même si, même s’il faut bien reconnaître que le plus souvent ce ne sont que des moyens de faire ressurgir au jour un savoir appris quand j’avais un cerveau neuf qui savait enregistrer et non comme à présent étouffer des baillements pendant le cours, à la suite d’une journée de travail un peu trop longue. Je ne fais pas mes exercices, je n’apprends pas de vocabulaire. Mais outre sa musicalité qu’est ce qui fait une langue sinon son vocabulaire ? Ou bien on en revient à la locution éternelle “Do you have a room for a nigth?” basic en roulant le “r” de room. Une langue c’est un outil de communication mais aussi un mode de pensée, le mode de penser d’un peuple différent. Communiquer pour combler les besoins primaires ou pour chercher à comprendre ?

Nightingale, rospiglioso, rossignol. Le songe d’une nuit d’été, le rossignol, non l’alouette, Romeo et Juliette. Tiens justement alouette, vite cherchons : “allodola”. Il y a une certaine mollesse dans “allodola”, rien à voir avec la fulgurance d’alouette qui fuse dans l’air à travers les lèvres sans qu’on puisse le retenir. La double consonne ralentit le débit tandis que le “ette” claque dans le vent comme un battement d’ailes. Et tout ça avec sans doute la même racine latine, alors les autres langues ? Cherchons …

Souvenir de rossignol ; dans les vallées turques de Cappadocce, la nuit, les rochers blancs écorchaient les mains au passages, promenade collective au clair de lune à la lueur des torches électriques. Les oreilles vibraient de leurs chants, marche silencieuse, troublante. rossignol : bülbül. (Hésitation, roucoulade bülbül)

Souvenir d’alouette ; le matin sur une prairie herbeuse où s’élève le squelette d’un navire viking de pierre en Suède, au dessus d’une falaise où bat inlassable la mer du nord, criailleries suraiguës qui se mêlent aux cris des enfants qui courent. alouette : lärka (un son qui claque, rapide)

Revenons au moineau italien ; passero. Ni plus ni moins, en français nom générique, de genre, de famille. Et quoi de plus anodin qu’un moineau ?

Sincèrement je gagne quoi à le savoir ? Peu de chose, sinon le sentiment à la question suivante :”Comment on dit tuyau ?” le sentiment d’un immense découragement car si passero peut s’oublier, tuyau peut se révéler essentiel quand l’écoulement de la machine à laver se déverse jusque chez les voisins ; tubo, cannale, canna, cannello, condotto ? Ciel ! En attendant de faire son choix pour les oreilles délicates d’un plombier ensommeillé, trouver déjà le robinet pour couper l’arrivée d’eau !

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mar 10 2009

Piazza Navona

Published by Marie-Andrée under la ville, textes

Après plus d’une heure de marche au hasard des rues, m’être perdue et avoir demander mon chemin. “Scusi signora, mi farei una cortesia ? Campo dei fiori per favore” Bien entendu à l’opposé de l’endroit où je me trouvais je finis par arriver piazza Navona à la poursuite du soleil. Je trouve la terrasse d’un café où l’on ne vous sert jamais. Pas grave. Une heure encore à tuer. Une heure à tuer, bien dit, une heure de moins à vivre puisque vécue dans les affres de l’attente. Mais est ce perdre son temps que de passer une heure sur l’une des plus belles places de Rome un verre de Chianti en main ? Devant moi n’y a-t-il pas le Bernin ou plutôt sa fontaine dégagée des voiles qui en cachaient les mystères l’an dernier ? Restauration, “lavori in corso”. Mystère du Nil qui se voile la face, honteux de ne point connaître ses sources. Les trois autres, voyons ce qu’en dit la mémoire, Danube, Amazone, Mississipi. Pas tout à fait, Rio de la Plata et Gange à la place du Mississipi. Foin de l’Amérique du nord en 1600 et des poussières. Amusant je lisais hier soir dans livre qui se passe en partie au Brésil la description de l’obélisque dont le mystère (encore une fois, notez bien) des hiéroglyphes interrogeait les grands esprits (jésuites) de l’époque. Amusant  mais pas surprenant puisque tous les chemins mènent à Rome.

Délaissant les mystères de la pierre je m’intéresse au grouillement humain qui passe et repasse devant moi.

Carabinieri portant bien leurs uniformes, les épaules redressées, les gants blancs dans la main droite, démarche nonchalante, élégants à la Jim. Comment se fait-il que leurs pantalons leur donnent de si longues jambes ? Ils sont deux puis un troisième les rejoint, pantalon noir sans bande rouge, un chef , le “telefonino” en main (traduction le “cep” pour les non italophones). Tout juste derrière la place on entend la rumeur d’une manifestation “Pas contents !” Protestent les romains, aussi dépités que les français de voir leur pouvoir d’achat se réduire comme peau de chagrin.

Dans la foule, encore des japonais bien sûr, en couples ou en petits groupes ; jour de relâche ou défection du guide, la jambe cassée sur un marbre rendu glissant par l’orage de la veille. Japonais disais-je coiffés en hérisson sans élégance (facile celle là), au look déjanté, plans, sacs à dos, appareils photos, livres, si bien plongés dans leur lecture qu’ils ne lèvent pas la tête en direction de la fontaine. Ha si le guide avait été là ils ne l’eussent point manquée !

D’autres touristes, jeunes, vieux, familles, groupes de lycéens gloussants, lunettes noires. Oui j’en ai vu un visiter la Sixtine avec ses lunettes noires, juré ! craché ! Ils flanent, se hâtent, se heurtent, s’éloignent, reviennent à petits pas, longues enjambées, casquettes, foulards, amoureux, blasés, fatigués, enthousiastes. Les peaux sont trop banches sous le soleil.

Quelques pigeons cherchent leur provende au pied des tables. Le violoniste s’en est allé pour faire place au chanteur à guitare. Le soleil brûle un peu la cuisse à travers la toile de jean. L’instant est parfait.

26 février. Quelques traces d’un carnaval dans le caniveau, tristes confettis décolorés. Sur le place des artistes vous croquent une caricature à moindre frais. On vend des reproductions, des estampes, des posters. Le père du Caravagge a fini en prison pour avoir copié Léonard de Vinci. Les barbouilleurs de la place seraient-ils capables de copier Léonard ?

Plus loin pour s’occuper peut-être des policiers verbalisent, ou plutôt en ont l’intention. Pas trop déterminé le municipal à casquette d’amiral écoute,carnet en main une femme qui plaide avec de vigoureux gestes pour appuyer sa démonstration. Les carabinieri qui rôdent toujours jettent un coup d’oeil un peu hautain, indifférents à la reculade des municipaux. A chacun sa proie. Tout est calme.

A côté de moi deux messieurs silencieux, sûrement pas italiens on les entendrait ; un père et son fils ? Mon chien, mendiant, pleurnicheur, bref chien obtient à l’usure le droit de grimper sur mes genoux. Le gratouilleur de guitare fait front à la concurrence déloyale du karcher qui nettoie la façade de l’église en face, voilée. Restauration, lavori in corso, part aléatoire du tourisme en Italie, une incitation larvée à revenir l’année suivante. Et revoilà “i carabinieri” .

Le soleil se cache derrière l’église, le froid revient. Au dessus l’hélicoptère des riches touristes, crapule terroriste, nous pollue les oreilles en “girant” dans le ciel romain.Un pétard, mon chien tremble, “i carabinieri” toujours stoïques, toujours le portable à l’oreille. J’ai un peu froid à présent. Je vais régler mon verre de vin et m’en aller.

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jan 09 2008

lettre à France

Published by Marie-Andrée under textes

Définitions :

Arrogance : n. f. fierté (on se demande de quoi) qui se manifeste par des manières hautaines, méprisantes, spécificité française insupportable

Ridicule : Il ne tue pas cf note en dessous

Français : peuple de midinettes qui enfin semble se rattraper de siècles d’abstinence après avoir bien maladroitement coupé la tête d’un roi et d’une reine.

Curiosité : n.f. désir de voir, de connaître

La curiosité serait un péché, quid de l’arrogance ?

 

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déc 16 2007

au pays de Dante

Published by Marie-Andrée under textes

Ce matin je promenais mon chien autour du parc en face de l’appartement. Il faisait froid, les feuilles au sol étaient couvertes d’une pellicule de glace qui ne semblait guère déranger la bête velue qui tirait sur sa laisse, la mine affairée. Dame le grand évènement de la semaine la longue promenade du dimanche. Mais ce n’est pas le chien qui m’a interpellée et éveillé un certain nombre de réflexions. On trouve des panneaux d’affichage municipaux dans la ville . En ce moment ils sont couverts d’affiches pour le vaccin contre la grippe ou bien ils servent aux annonces nécrologiques et l’on voit les anciens du quartier se regrouper pour discuter gravement et soupirer d’aise de ne pas s’y voir inscrit encore cette fois. Mais ce matin je suis restée figée car la municipalité a fait mettre une belle affiche avec des poèmes, un auteur italien et aussi Émilie Dickinson. De la poésie en pleine rue et pour tout le monde.

J’ai lu, je n’ai pas tout compris bien sûr mon italien est bien encore utilitaire mais c’était beau, l’idée même en est superbe. mettre ainsi pour tous ce que l’esprit humain peut engendrer de plus beau, de plus gratuit dans ce monde commerçant  voilà qui donne le “la” pour une excellente journée.

Et  aussi au pays de Dante la culture humaniste est encore non seulement célébrée et respectée mais un médecin suit des études classiques avec latin et grec. Foin des maths qui ne servent à rien dans l’exercice de la médecine. Chacun le sait mais la sélection française se base sur les maths, hormis les maths vous êtes un zéro. Y a t-il lieu de se glorifier de cet état de fait ? Sincèrement je ne crois pas même si je participe au système éducatif. Quand rendra t on sa place à la culture ?

Pauvre France en déshérence qui se croit plus forte que tout le monde ! Pénible arrogance. Et si l’Europe justement ouvrait vers des formes de pensées différentes et toutes aussi respectables ? Espérons que la France se détourne enfin de son nombril, profs et étudiants les premiers. Réformons ! Il n’y a pas lieu de s’enorgueillir. En Suède pas de système de notation éliminatoire et rédhibitoire. Ont-ils pour autant de plus mauvais ingénieurs ? La France est tout au fond du classement mondial en terme d’apprentissage de la lecture n’y a t-il pas de quoi se poser des questions plutôt que d’affirmer que ce sont des critères anglo saxons qui ont fait la différence ? Bon nombre de pays devant nous ne sont pas de langue anglaise. Réformons pour de bon ! Il n’y a que les très bons lecteurs qui survivront dans le monde d’internet.

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