Archive for novembre, 2007

nov 24 2007

Saint Ambroise

Published by Marie-Andrée under lectures

Saint Augustin l’a beaucoup admiré et surtout a appris de lui la lecture silencieuse “quand il lisait ,dit Augustin ,ses yeux parcouraient les pages et son intelligence en scrutait le sens ,mais sa voix et sa langue étaient au repos … je l’ai vu lire tout bas ,jamais tout haut …”

Je me permets de reprendre un passage du commentaire reçu et qui emmène fatalement la pédagogue invétérée que je suis sur les chemins de la réflexion sur la lecture. Ainsi donc Sant Ambrogio serait le précuseur de Célestin Freynet et Jean Foucambert. Et quid de la méthode globale ? Qu’en dit le vaillant ancêtre ? A-t-il été martyrisé pour l’avoir défendue ou descendue ?

Au moins devrait-il être le saint patron des maîtres de Cycle 2. Je vais en toucher un mot au ministre s’il était à court de déclarations fracassantes dans les médias.

Il y a peu dans mon émission littéraire culte (une nef littéraire) j’ai pu voir et entendre un savantissime chercheur “Stanislas Dehaene, chargé de recherche à l’Inserm, travaille au Laboratoire de sciences cognitives et de psycholinguistique de l’École des hautes études en sciences sociales.” qui a écrit un livre qui semble tout à fait passionnant sur ce sujet. J’ai du mal à répéter exactement ses paroles mais l’idée que le cerveau humain s’était pas programmé pour la lecture une invention bien trop récente pour que ses neurones ne soient pas parfois surchargés de travail et surchauffent est assez fascinante. Le mien aura-t-il la capacité de lire cet ouvrage ?

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nov 22 2007

Sant Ambrogio

Published by Marie-Andrée under la ville

Encore un milanais que certains parmi mes proches devraient bien connaître. Réponse après les visites du week end.

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nov 21 2007

Certosa

Published by Marie-Andrée under hors les murs

Comme je vais finir par devenir lassante avec mes émerveillements ; genre : “Tiens ! encore un billet du “ravi” de la crèche !” je ne vous décrirai pas la Chartreuse de Pavie et pourtant ! J’ai éprouvé une émotion esthétique profonde devant ce bijou. Je n’ai pas de photo car je n’ai pas encore réussi à les transférer depuis mon téléphone ; je parviens tout de même à appeler, c’est pas gagné du départ étant donné la sophistication du jouet, répondre c’est moins sûr car je l’oublie toujours au fond du sac rangé dans le placard fermé à clé du bureau où je ne suis pas toujours assise devant mon ordinateur. J’use mes semelles dans les couloirs de l’établissement…

Ha oui ! La Chartreuse. Bien sûr pour cause de travaux la façade est à demi recouverte par un échafaudage disgracieux. Ma collègue m’avait bien prévenue : “Il faut choisir un jour d’hiver où la lumière rasante et douce fait plus encore ressortir toutes les nuances des marbres roses, verts et blancs veinés de brun ou même très sombres.” Vous allez faire comme moi ouvrir une page internet et imaginer.

Il faisait diablement froid et le moine qui attendait les touristes de passage était chaudement couvert de son anorak sur la robe de bure, blanche et noire. Il nous a expliqué qu’un chartreux, en robe blanche lui, ne pourrait faire visiter à cause de leur voeu de silence. Pas lui, je peux vous l’assurer. Là je vous renvoie à un certain film sur le silence des chartreux.

Or donc sous sa conduite nous visitâmes, quelques touristes italiens et moi-même, il fallait bien une étrangère au moins. Je suis restée discrètement anonyme en ne revendiquant pas mon origine française car par deux fois j’eus certainement rougi sous les regards accusateurs. Tout d’abord devant les gisants de marbre du duc Lodovico il moro et de la belle Béatrice d’Este son épouse, à sa tendresse trop tôt arrachée, alors qu’elle-même n’avait pas réussi à l’arracher à la tendresse de ses maîtresses. Bref le malheureux duc dis-je est mort en France, au château de Loche, vaincu, emprisonné et assassiné par les français. Qu’il ait pour sa part assassiné son frère et son neveu pour prendre le pouvoir est somme toute accessoire face à l’outrage français. Les gisants sont très beaux en marbre blanc de Carrare et la voûte de l’église toute en lapis lazulis scintille au premier rayon de soleil. Lodovico il moro a gagné une part d’éternité. Il y a d’autres trésors exposés, en face des Sforza un transept Visconti. C’est GianMaria Visconti qui a commandé la construction de la chertreuse. Mais une fois encore la France doit rougir, même si la Chartreuse justement a été l’une des inspiratrices du mouvement de la Renaissance chez nous. Napoléon ce sagouin, il n’y a pas d’autre terme, le propos du moine, malgré son indignation a été plus mesuré, mais je n’hésite pas à renchérir. Ce sagouin donc a fait entrer les chevaux de sa garde dans l’église et ces sales bêtes ont massacré le sol de marbre qu’il a fallu refaire. Quelle honte ! C’est depuis la Chartreuse, après le désastre de Pavie, que François 1er, prisonnier, a écrit à sa mère “tout est perdu fort l’honneur”, Napoléon y a remédié on a aussi perdu l’honneur à Pavie, par les méfaits de sa soldatesque.

Un petit tour dans le petit cloître puis le grand, les cellules, le réfectoire orné d’une “scène” école de Vinci et nous voici au terme de la visite. N’oubliez pas le guide s’il vous plaît ! Ha il doit appartenir à un ordre mendiant !

Je plaisante on ne rechigne pas à verser son obole au passage. Grand merci pour ce beau moment ! J’y retournerai surveiller les “lavori in corso” jusqu’à ce qu’on me dévoile la façade. (Elle a peut-être été taguée par des sbires français)

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nov 20 2007

Du côté des Alpes

Published by Marie-Andrée under hors les murs

Dimanche matin au lever première gelée blanche dans le parc en face de l’appartement. Génial ! Juste le jour prévu pour une expédition montagnarde. Mais bast ! je rejoins la petite famille qui m’emmène aujourd’hui au dessus du lac de Côme. Tess semble ravie d’être du voyage alors que mon petit cache son nez sous la couette pour être bien certain que je l’oublie. Qu’importe, le Beaujolais nouveau est dans le sac à dos avec les gants et le cache-oreilles. Heureusement qu’il y a peu j’ai fait un entraînement dans les montagnes du Vercors, là las juste de l’autre côté des Alpes. Je vous dirai un jour (ou pas) combien ce voyage en amoureux fut une douce parenthèse dans le quotidien laborieux, fromage et fromage encore dans un cadre montagnard de toute beauté.

Mais revenons à dimanche matin. Le lac de Côme forme un “y” renversé, s’infiltrant entre les montagnes qui plongent avec témérité dans les eaux profondes. Nous en avons suivi la rive occidentale en direction de la Suisse. Le bord de l’eau n’est pas si facile d’accès entre les villas. (Et le beau Georges ne nous a même pas retenu le soir, au passage, pour “l’apperitivo” ! “Apperitivo”, une institution milanaise, j’y reviendrai.). Dès que l’on s’élève à flanc de montagne la vue devient magnifique. Une belle, une splendide journée d’hiver. Notre hôte que nous avons retrouvé en haut du funiculaire avait bien ordonné du soleil aux caprices de la météo mais avait oublié de retenir les feuilles aux arbres, tant pis, on reviendra l’été. Nous n’avons pas pris le funiculaire mais monté en voiture sur une route en lacets étroite, la prochaine fois je le prendrai car la vue lors de la montée au dessus de la vallée doit être absolument remarquable.

Après un trajet d’une vingtaine de minutes à travers bois nous sommes arrivés à un chalet dont les occupants nous ont accueillis avec du vin clair et du saucisson pour nous revigorer pour la suite. Terrasse à la vue étourdissante et derrière nous les alpages qui conduisent par des chemins de contrebandiers jusqu’en Suisse.

De nouveau un peu de marche, aïe, le vin couperait-il les jambes ? Il fallait bien boire le vin puisque l’eau à la fontaine était gelée et qu’il était tiré. Bref nous arrivons dans ce hameau où se trouve la maison de notre hôte, petite maison de pierre, accueillante comme son propriétaire, avec une cheminée où le feu ronronne déjà. Il fait presque plus chaud au soleil dehors à contempler la vue. Seulement nous avons de l’ouvrage. Il nous faut préparer la “polenta” sur le feu, touiller la farine de maïs et de sarazin dans la marmite jusqu’à ce qu’elle se détache toute seule des parois. Une heure c’est bien long alors on grignote le fromage des laiteries de la montagne, des noix et du saucisson. Il n’empêche que lorsqu’on a versé une couche de polenta, une couche de fromage, et on recommence et pour finir on arrose le tout de beurre fondu parfumé à l’ail ; un délicieux parfum fait saliver et vous amène autour de la table. C’est délicieux !

Hélas les journées en cette saison sont bien courtes et malgré les projets de marche il nous faut songer au retour avant que la nuit tombe. Gare aux loups !

Pour plus de photos

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nov 14 2007

Tram

Published by Marie-Andrée under la ville

Aujourd’hui c’est décidé, vrai de vrai je vais m’acheter un téléphone, un beau téléphone, si possible “kawai”comme dit ma fille en japonais. Et je quitte le lycée, phénomène presque extraordinaire avant que la nuit tombe. Alors là deux choix, métro ou tram ? Le métro c’est noir et ça pue comme tout métro qui se respecte. on ne voit rien, on se transporte. Le tram c’est tout autre, un plaisir, à condition de ne pas craindre bruit et lenteur. Le tram de Milan roule depuis fort longtemps et ses rames sont à son échelle, vieillottes pour certaines avec des bancs de bois, grinçantes pour la plupart ou tout soudain étonnamment modernes sur d’autres lignes avec les lignes futuristes des trams du renouveau dans nos villes françaises. Et voilà pour le bruit.

La lenteur c’est bien sûr celle de la circulation en centre ville où les “Smart” roulent dans tous les sens, s’arrêtent n’importe où et jusque parfois sur les rails, bloquées par on ne sait quoi. Les milanais ont le klaxon facile (retour à l’épisode précédent du bruit) mais respectent scrupuleusement les feux, curiosité ou spécificité locale le clignotant par contre est en option. Il faut savoir apprécier les intentions des des autres ; ça passe le plus souvent mais bien des carrosseries seraient à réviser. Pas de place pour la distraction, le pied ne quitte l’accélérateur qu’à l’orange un peu mûr pour écraser la pédale de frein. Ne pas s’y tromper il s’arrête. Tant pis si on a pas anticipé. Bon les “Smart” c’est une chose dite mais il faut y ajouter moult espèces de deux roues qui virevoltent avec aisance entre tout le reste.

Bref j’ai pris le tram et j’ai pu examiner à loisir les devantures. Je passe sur l’achat du dit portable absolument technologique et rose, assorti à mon portable. Il ne reste plus qu’à travers toutes ses fonctions diverses et variées à trouver celle qui me permettra de composer un numéro et d’appeler un correspondant. Pas grave comme dit le petit “t’as pas d’amis”. Nuance, pas encore d’amis.

Mais juste à côté de Darty, et oui je sais, je n’ai pas été originale dans mes choix se dresse une autre boutique magnifique celle-là “La Feltrelli”. Une librairie comment pourrai-je résister à y entrer ? Même en Turquie je visite toutes les librairies. Là au moins je sais que je suis capable de lire. Belles couvertures rigides le plus souvent, illustrations choisies. Je vais de rayon en rayon, lentement en dégustant mon plaisir. C’est très grand aéré. Il y a un grand rayon pour la musique également et un café dans le fond pour prendre un moment de repos parmi les livres. Et puis deux étages au dessus. Je prends mon temps, note les auteurs français traduits, détaille le rayon poésie, le rayon en anglais. Pas de Doris Lessing en VO mais seulement en italien. Entre les rayons il y a des fauteuils de cuir, hélas tous occupés par des lecteurs qui goûtent avant d’acheter, par des dames qui bavardent en toute tranquillité. Pas de hâte ici, c’est un lieu de plaisir.

Je repars alourdie d’un roman historique sur l’expédition des dix mille, hélas je n’ai pas encore trouvé sur les Sforza mais je chercherai encore. Il semble y avoir plus d’intérêt pour la période du Risorgimento qui a fait l’Italie que pour le Moyen âge. Une fois que j’aurai fait toutes les librairies je tirerai des conclusions moins hâtives. Et puis aussi je n’ai pas résisté au dernier Le Carré, en anglais celui-là. Il ne faut pas oublier non plus de cultiver son anglais même si la priorité est italienne. Mais ce soir au lieu de lire j’écris. Non décidément il n’y a pas de place pour la télé. Au tram pour le retour.

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nov 12 2007

Ville secrete

Published by Marie-Andrée under la ville

Milan, ville secrete, qui ne s’offre pas au premier regard mais que l’on doit débusquer à chaque encoignure. Il faut pénétrer les cours intérieures, tâcher d’aller derrière des façades d’un baroque parfois étourdissant. Je vous montrerai à l’occasion, la maison de Donizetti, écrivain d’opéra, coincée entre deux palazzi (un palazzo, palazzi), dans une rue en léger arc de cercle, tout près du fameux Duomo. Milan se cache comme se cache la Scala, son trésor le plus fameux derrière une façade presque anonyme.

Mais aujourd’hui soyons tonitruants devant la gare centrale mussolinienne de la grande époque. Rien n’était trop grand et irrésistiblement vous vient en tête le souvenir de Chaplin se moquant de la grandeur des dictateurs à la vue de la gare centrale. Pff ! Certes nous voici écrasés dès l’arrivée par la toute puissance du “duce”.
Passons vite il y a plus beau à Milan. M’ont amusés devant l’édifice pompeux ces personnages colorés d’un artiste contemporain. Voilà pourquoi je vous offre ce contraste. Et puis j’aime bien cette gare en fait car c’est là qu’ont débarqué tour à tour mes enfants venus en visite à Milan. (Et on a eu le temps de l’admirer car les trains ont eu une heure de retard.)

Devant la gare Cadorna d’où vous pouvez gagner en 40 mn l’aéroport international on trouve aussi une oeuvre contemporaine, une aiguille qui jaillit du sol avec son fil coloré. Milan ville d’art.

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nov 09 2007

Giuseppe ou Victor ?

Published by Marie-Andrée under la ville

Eh Victor ! Victor Emmanuel. C’est lui le fier cavalier de la piazza Duomo. Le roi qui a fait l’Italie bien sûr mais promis bientôt vous verrez Giuseppe. Il suffit d’avancer un peu plus loin devant le castello Sforza pour le rencontrer.

Le grand Leonarodo qui se dresse entre la Scala et l’hôtel de ville nous impressionne. Certes c’est un milanais. L’admirable cène m’attend quelque dimanche matin d’hiver dans l’église Santa Maria delle Grazie.

Pourtant et pourtant non ce n’est ni l’un ni l’autre que je recherche par delà le temps. C’est un consul je l’avoue. Napoléon a inventé les consuls, les a envoyés de par l’Europe à la suite de ses armées. Il en est un dont je lis la chronique actuellement installé plus loin, plus à l’est dans le Balkan, à Travnik chez le Turc. Il se heurte, se réconcilie, se fâche de nouveau avec le seul autre européen présent dans cette bourgade perdue et arriérée . C’est l’autrichien ! Alors au rythme des victoires et des défaites napoléoniennes forcément les relations se détendent ou se distendent. Ce n’est qu’affaire de suffixes après tout, on gratte un peu l’encre sur le papier et le “é” se mue en “is”. On est bien loin de l’apport des lumières dans cet isolement moyennageux quand les deux consuls épient la flamme de la bougie de l’autre au travers de leurs fenêtres. Tremble-t-elle plus que la mienne ? Et le vizir aujourd’hui qui a-t-il reçu ? De quoi ont-ils parlé ?

John Le Carré lui aussi aime bien les consuls et Malcom Lowry au dessous du volcan bien plus loin ne les ménage pas !

De consul en consul cette fois vous y êtes et moi aussi j’y suis !

Lycée Stendhall

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nov 07 2007

En quête d’un milanais

Published by Marie-Andrée under la ville

Nous y sommes arrivés par une étouffante journée, réellement étouffffante. Où déjà cette chaleur nous étouffa-t-elle d’ailleurs ? Oui par le passé nous avons certainement connu telle touffeur ; Dar es Salaam, pas tout à fait, même si, même si les moustiques zonzonnaient déjà avides à nos oreilles ; alors New York, plus loin, si loin dans le temps, au début, oui tout au début de l’aventure. Non, non, une grande ville certes mais cherchons encore ; l’été 2001 Chaumont aux allées écrasées de soleil. Encore que ? Istanbul ? Ou quelque décor de romancier ?

Non ce n'est pas lui le milanais

Non ce n’est pas lui le milanais

Mais pas du tout tout est si plat ici, la chaleur sourd du sol, presque tangible on en caresserait les volutes de la main. Il y a de l’eau là dessous, invisible . La chaleur milanaise appartient à Milan qu’on se le dise. Elle n’est pas “comme à” et heureusement rien “n’est comme à”. Sinon pourquoi quitter son petit lyrée et partir en quête d’un milanais ?

ni lui

Ni lui…

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