Archive for décembre, 2007

déc 16 2007

au pays de Dante

Published by Marie-Andrée under textes

Ce matin je promenais mon chien autour du parc en face de l’appartement. Il faisait froid, les feuilles au sol étaient couvertes d’une pellicule de glace qui ne semblait guère déranger la bête velue qui tirait sur sa laisse, la mine affairée. Dame le grand évènement de la semaine la longue promenade du dimanche. Mais ce n’est pas le chien qui m’a interpellée et éveillé un certain nombre de réflexions. On trouve des panneaux d’affichage municipaux dans la ville . En ce moment ils sont couverts d’affiches pour le vaccin contre la grippe ou bien ils servent aux annonces nécrologiques et l’on voit les anciens du quartier se regrouper pour discuter gravement et soupirer d’aise de ne pas s’y voir inscrit encore cette fois. Mais ce matin je suis restée figée car la municipalité a fait mettre une belle affiche avec des poèmes, un auteur italien et aussi Émilie Dickinson. De la poésie en pleine rue et pour tout le monde.

J’ai lu, je n’ai pas tout compris bien sûr mon italien est bien encore utilitaire mais c’était beau, l’idée même en est superbe. mettre ainsi pour tous ce que l’esprit humain peut engendrer de plus beau, de plus gratuit dans ce monde commerçant  voilà qui donne le “la” pour une excellente journée.

Et  aussi au pays de Dante la culture humaniste est encore non seulement célébrée et respectée mais un médecin suit des études classiques avec latin et grec. Foin des maths qui ne servent à rien dans l’exercice de la médecine. Chacun le sait mais la sélection française se base sur les maths, hormis les maths vous êtes un zéro. Y a t-il lieu de se glorifier de cet état de fait ? Sincèrement je ne crois pas même si je participe au système éducatif. Quand rendra t on sa place à la culture ?

Pauvre France en déshérence qui se croit plus forte que tout le monde ! Pénible arrogance. Et si l’Europe justement ouvrait vers des formes de pensées différentes et toutes aussi respectables ? Espérons que la France se détourne enfin de son nombril, profs et étudiants les premiers. Réformons ! Il n’y a pas lieu de s’enorgueillir. En Suède pas de système de notation éliminatoire et rédhibitoire. Ont-ils pour autant de plus mauvais ingénieurs ? La France est tout au fond du classement mondial en terme d’apprentissage de la lecture n’y a t-il pas de quoi se poser des questions plutôt que d’affirmer que ce sont des critères anglo saxons qui ont fait la différence ? Bon nombre de pays devant nous ne sont pas de langue anglaise. Réformons pour de bon ! Il n’y a que les très bons lecteurs qui survivront dans le monde d’internet.

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déc 12 2007

au musée du château

Published by Marie-Andrée under la ville

Au musée du château j’ai vu de belles statues et de beaux tableaux. Il y avait même une grande salle avec un plafond tout fumeux et des couleurs bien passées. Il parait que c’est le grand maître Léonard qui en est le créateur.

Pas facile hein d’éviter la visite du musée du château et combien difficile à raconter. Alors je commence les à côtés, le jour sombre et pluvieux, le calme des salles où les pas résonnaient. Toute seule à grimacer face à un ange de pierre complètement indifférent et bavardages avec les gardiens ravis de se distraire un peu. Ils connaissent bien leurs trésors, en parlent d’abondance. Rien de poussiéreux ici, des salles claires aux oeuvres bien mises en valeur, des explications poussées sur les maîtres sculpteurs et toutes ces périodes pour moi encore un peu brumeuses (comme le plafond). L’Italie est si bien remplie de merveilles que ‘on devient vite critique ou blasé. Et pourtant l’émotion se fait jour, brusquement sans prévenir.

Le tombeau de Gaston de Foix, même pas terminé, d’un artiste inconnu (de moi au moins) Agostino Busti, dit Bambaia. (au secours google !) Mais je suis restée là en face de ce gisant de marbre figé dans sa beauté et sa jeunesse pour l’éternité ou peu s’en faut, figée d’admiration (moins longtemps fort heureusement). Gaston de Foix, grand connétable des armées du roi Louis XII, grand connétable de 23 ans, duc de Nemours, comte d’Etampes et vicomte de Narbonne, le foudre d’Italie, vainqueur à Ravenne, mort en poursuivant les vaincus. J’ai une fille de 23 ans. Comment peut-on être grand connétable à 23 ans ? Il est mort au combat, il est beau, radieux. Ou on a le coeur serré par la pitié ou bien on tombe amoureuse ; faites excuse, je suis de la seconde catégorie. Je voudrais tout savoir de lui. Mais au delà tout connaître de ces guerres d’Italie. On a appris et confondu dans sa mémoire avec l’épopée de Bonaparte dans ces contrées lui aussi alors jeune conquérant. On a toujours eu de l’appétit pour l’Italie, de la gourmandise même. Je ne fais pas exception. J’ai troqué le sabre pour l’encrier. Autre temps, autres moeurs.

Bref tout ça pour vous dire que même par un dimanche pluvieux on peut s’enthousiasmer et de gaver de beauté.

Pour l’illustration voyez donc ici

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déc 01 2007

la traversée de Milan

Published by Marie-Andrée under la ville

Vendredi, chargée d’une mission d’importance je me suis lancée dans la ville (avec mon petit) pour un challenge d’importance, circuler un jour de “sciopero generale” , une grève des transports. Il existe une notion de service minimum en Italie. La grève ne commence qu’à 9 haures le matin pour ne pas prendre les gens qui travaillent en otage, et s’interrompt à l’heure de sortir des bureaux pour reprendre en soirée.

Donc le matin, urgence dans le métro avec les annonces toutes les cinq minutes dans les hauts parleurs des stations de l’arrêt progressif des rames à partir de 8h45. Regards traqués sur la montre, bousculades dans les escaliers roulants et presse dans les rames bondées.

Enfin nous voilà à l’air libre et à destination dans les temps sans oublier le passage au photomaton pour les photos d’identité. D’ailleurs la machine est si aimable que je remets un euro à sa demande une fois le travail terminé et me voilà munie de seize photos, de quoi ne plus vieillir sur mes divers documents d’identité au moins pendant dix ans. Bref ! Je maîtrise l’italien pas de souci. Une fois les formalités accomplies ; aucun risque de confondre les consulats américains et français pourtant sis dans le même quartier. Les américains sont entourés de blocs de bétons anti camions terroristes, de gardes armés de mitraillettes, milice privée et police italienne. Les français se cachent dans une rue avec un drapeau de la taille d’un timbre poste, pas vus, pas pris ! Donc une fois les formalités accomplies nous devons prendre le chemin du retour pour le lycée à l’autre côté du centre ville. Facile, il suffit de suivre les rails de tram désertées.

Il fait beau, la ville est belle, les sacs pas trop lourds. Un petit salut au passage au Dôme, un panini pour se donner le courage de poursuivre. Inutile d’espérer prendre un taxi. Il n’y en a pas de libres et de plus les rues sont bloquées par le trafic plus dense encore que d’ordinaire. Pour avoir vu passer un tram ou deux on espère tout de même et devant Santa Maria delle Grazie, merci Léonardo pour ce secours, nous grimpons dans un tram n°16, même pas bondé et nous nous laissons tomber sur les sièges avec soulagement. En face de l’église se trouve une librairie avec beaucoup de magazines en français et nous avons fait quelques emplettes. Nous lisons, bien soulagés, le coeur raffermi, passons la Feltrellini et soudain le chauffeur annonce la fin de la récréation. Tout le monde descend. Abassourdis par ce revirement nous obtempérons et reprenons notre marche avec moins d’enthousiasme que plus tôt. Hélas le sort se joue de nous. Le tram n’a pas suivi son itinéraire mais pris une autre ligne et nous réalisons que nous sommes perdus ! Pas de panique, on se repère sur le petit plan qui ne quitte pas le fond de mon sac. Nous reprenons notre route. Mais la route est encore longue, longue, longue…

Il nous aura fallu deux heures pour qu’enfin on aperçoive la silhouette futuriste du lycée. Ha je n’ai plus de pieds, ni de courage !

Ha c’est amusant de faire l’école buissonnière avec sa mère ! a commenté le petit en riant.

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