Archive for janvier, 2008

jan 30 2008

hors temps

Published by Marie-Andrée under hors les murs

Venise

Venise et son carnaval

Un dimanche de rêve, une de ces journées qui valent bien qu’on s’expatrie.

Venise, l’émotion à l’état brut.

Bien sûr place Saint Marc c’est la foule des grands jours et l’on entend des paroles étrangères parmi les italiens bien nombreux. Cette fois beaucoup d’espagnols et de français dans les accents de cette foule qui est venue vibrer à l’unisson du carnaval. On s’extasie, se bouscule presque presque pour photographier les beaux masques qui posent complaisants, nobles, hiératiques, mystérieux et lointains. La foule est joyeuse, disposée à l’enthousiasme devant le clown qui reprend les farces de la commedia del arte, spectacle vivant improvisé. La foule applaudit, avec une réelle bonne volonté, l’ange qui se laisse glisser du campanile sur son fil. Il fait doux, le soleil rayonne d’une tendresse brumeuse et l’on s’entasse à la balustrade de la basilique Saint Marc pour dominer la foule et le cortège du Doge, ses chevaliers et ses marquises, au son des tambours et des flûtes. On est bien.

C’était là l’évènement, non pas un évènement démesuré, un évènement chaleureux, bon enfant, sans prétention exagérée. On est loin des feux éblouissants, artificiels que sont devenues par exemple les fêtes des lumières à Lyon. Non, on reste loin de cette course au sensationnel au sur-armement. Et puis Venise se suffit à elle-même. Rien ne doit chercher à étouffer ce cadre unique et l’on reste raisonnable, aucune surenchère dans le sensationnel. Le carnaval se cache dans ses fêtes intimes, bravo ! J’y retournerai, avec un masque cette fois et une grande cape noire. Juste pour jouer.

On y va et on y retourne parce que cette ville vous enchante à sa lagune brumeuse, à son histoire, à ses trésors. On en finit pas de Venise et tant mieux !

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jan 25 2008

Duomo Milano

Published by Marie-Andrée under la ville

Duomo, duomo, je croyais naïvement que la traduction signifiait dôme et chaque fois que je longeais Milan sur l’autoroute qui me menait vers les contrées est-orientales de l’Europe, les Balkans ou vers la Méditerranée, je tordais le cou en tous sens pour chercher une Sainte Sophie occidentale. Bref je cherchais quelque dôme arrondi au dessus des immeubles milanais, à travers les enseignes publicitaires et les usines.
Erreur !… Le dôme est tout ce qu’il y a de pointu, une dentelle de pierres blanches et de marbres aux délicats tons beiges rosés, amande, coquille d’oeuf. Tout s’harmonise dans de subtiles nuances et l’élégance des formes.
C’est un ascenseur, ouf ! qui vous monte sur le toit, au dessus du commun des mortels. En fond d’horizon d’autres dentelles neigeuses celles là ; les Alpes. Tout est dit. La lumière d’hiver douce, légèrement voilée fait ressortir la luminosité de la pierre et joue au travers des statues, transformant les ombres en autant de théâtres se mouvant au fil des brumes et du soleil qui décline.
Et puis sur la place Victor Emmanuel galope sur son fier destrier, la verrière de la grande galerie jette des coups d’oeil comme de petits éclats de soleil. Ciao ! Il fait doux là haut je crois que je vais rester y rêver un moment encore. Les hommes sont si petits là en bas.

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jan 24 2008

Une trattoria milanaise

Published by Marie-Andrée under la ville

Ce soir donc poussée par l’urgente nécessité de calmer la faim et la non moins urgente nécessité de ne point trop passer de temps dans les rues glacées j’entrais dans un petit restaurant au coin d’une rue du centre, par hasard, oui à peu près par hasard puisque celui que je connaissais de l’autre côté de la rue était fermé. Murs coquille d’oeuf, peints à la cire, plafond bordé de moulures sculptées, lourds voilages blancs, banquettes de cuir blanc, tables blanches, serviettes brodées,chaises alignées en ordre parfait, le lieu est travaillé dans une harmonie et un raffinement impressionnant. Le garçon qui m’accueille, discret, attentif avec des gestes d’une rare élégance n’est pas sans rappeler les jouvenceaux au maintien longuement étudié, figés par les peintres de la Renaissance. Le patron arrive plus tard pour saluer sa clientèle avec une belle amabilité, sans ostentation. Carte riche, nombreux antipasti, primo puis secondo, le choix demande réflexion et il est bon de prendre son temps, de chercher à traduire les noms que l’on identifie pas plus en italien qu’en anglais. Et puis en fond sonore, Mozart et Beethoven se relaient discrètement pour masquer les bruits de mâchoire des voisins. (Il est bien tôt, le restaurant est encore vide)

Je ne fais pas l’éloge pour l’éloge mais parce qu’il fallait bien planter le décor de la chûte de mon récit. A l’instant où ayant satisfait les besoins parfois agressifs de mon organisme je me lève pour aller payer à la caisse, à cet instant juste dis-je la mélodie sirupeuse de “O sole mio” s’élève au moins à quinze cent décibels.

“Ha mon Dieu ! Courage fuyons ! Me dis-je encore (je sais je me dis-je beaucoup pardonnez moi).

Et puis les bras m’en sont tombés, ma bouche a dû béer stupidement car c’était le patron qui chantait. Il chantait et bien, formidablement, outrageusement fort pour le lieu mais superbement. Comme si d’un coup vous vous fussiez trouvé à 1m50 de (feu) Pavarotti. Les tympans vibraient. C’était impressionnant et je fus impressionnée au point même de le mettre en mots dès ce soir.

Il m’a expliqué ensuite, en français, être chanteur d’opéra, avoir chanté à Paris, Lyon, Bordeaux, château de Marmandes et autres lieux. Son répertoire c’est Rigoletto, le Barbier de Séville ….

La surprise était belle. Merci Monsieur !

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jan 20 2008

hiver

Published by Marie-Andrée under la ville

Brouillards, brumes et nuages. L’air est immobile glacé. Derrière la fenêtre la silouhette noire d’un arbre dresse ses branches, derrière rien, blanc vide. On sort tout mouillé sans savoir comment, tout semble ralenti et si déroutant que je fais deux fois le circuit de promenade du chien sans m’en apercevoir. Il ferait bon pouvoir se recoucher, prendre un livre et passer la journée à aller faire chauffer du thé à intervalles réguliers.

Duomo dont les flèches se perdent dans un nulle part étrange, duomo blanc sur le gris de la brume.

Et tout le monde s’en fout ! Ce sont les soldes et l’on se presse dans les boutiques. La foule roule, indifférente au brouillard, les gens rient, s’envoient des halos légers de chaleur dans le froid de l’air ambiant. Dans la galerie, on se presse, on fait des voeux en tournant sur les talons, tradition, rite. Les cafés sont pleins et le capuccino coule à flots dans les conversations. Sur les troittoirs les fumeurs battent la semelle avec philosophie en surveillant l’incandescence du bout de leur cigarette.

Fatalité il faut sortir, prendre la voiture pour traverser des contrées mystérieuses et inconnues, des territoires peuplés d’âmes gémissantes ??? Et au retour le halo autour des réverbères de la ville comme une sorte de cocon doré dans la noirceur de la nuit.

Il fait bon se retrouver au chaud, oublier que derrière la fenêtre le brouillard continue d’engloutir la nuit même.

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jan 13 2008

Joyeux Noël

Published by Marie-Andrée under la ville

On s’est bien promené

Mais Noël c’est surtout les garçons

Dans les rues de Milano

 Au palazzo Te de Mantova

Et puis aussi à Cremona ville des luthiers à la tour de guet si haute qu’elle se perd dans le brouillard en ce jour d’hiver

Et puis encore devant le duomo de Monza

 

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jan 09 2008

Mantova

Published by Marie-Andrée under hors les murs

Pour moi Mantoue c’était la ville du sinistre, machiavélique même duc de Gonzague contre qui j’ai lutté durant tant de récréations enfantines sous la vêture du chevalier de Lagardère (et sans oublier le bon, le visqueux, le pervers, l’affreux Monsieur de Peyrolles, l’homme des basses oeuvres). Mais ouf il y eut d’autres Gonzague, des Gonzague flamboyants de la Renaissance italienne, des mécènes qui savaient s’attacher les services des plus grands artistes. Mantegna, Julio Romano et tant d’autres…

Ha ! Le palazzo ducale, un lacis d’ajouts successifs, des appartements innombrables, la chambre des époux, de multiples couloirs, certainement farcis de chausses trappes, glacial, vide où les rares touristes italiens échangent des commentaires sur le mode du chuchotement. Des fois qu’une ombre sortirait de l’une de ces toiles fixées aux murs, une ombre torturée, gémissante qui vous entrainerait dans les sombres cachots sis au ras des douves remplies d’une eau peu engageante. Les scènes religieuses pour la plupart, titillent l’imagination et l’on tache de se remémorer désespérément si la tête de Saint Baptiste a bien été coupée pour Betsabée ou une autre, comptons les voiles ! Plat du jour pas très ragoûtant il faut bien l’avouer.

Découvrons les charmes du tourisme hivernal où les brumes glacées qui montent du fleuve qui entoure Mantoue en soulignent les mystères. Il Mincio qui forme là quatre lacs dans sa descente du lac de Garde vers le Po. Et puis à l’inverse un marché animé joyeux qui répand ses étals dans toutes les rues du centre historique, cris de forains et commentaires des acheteurs, “piazza delle erbe” avec ses arcades. Il parait qu’on trouve bien souvent dans les villes et les villages de Lombardie. Erbe ? Plantes aromatiques ? apothicaires ? potions ? poisons ? Et nous revoilà dans les noirs mystères de l’histoire. Gare aux fils tirés de l’imagination.

Et puis le palazzo Te, bâti par Julio Romano pour un caprice del Marchese Federico II nel 1459, (59 une bonne année croyez moi) qui tachait là d’échapper à l’emprise de sa mère, Isabelle d’Este, pour installer une bien belle maîtresse et passer du bon temps ; un lieu de plaisir. Une villa romaine, soit ! Mais lorsqu’on entre dans les pièces qui se suivent on va d’émerveillement en émerveillement, toutes sont plus belles les unes que les autres jusqu’au choc final, la chambre des géants où l’on se sent pris à la gorge, pris au piège des ces géants sur qui s’écroulent les montagnes qu’ils avaient entassées pour rejoindre l’Olympe des Dieux. On a la sensation même que Zeus nous a lancé sa foudre alors que simples et innocents touristes nous ne faisions que passer.

Il parait que Julio Romano est un artiste mineur, que son art est un avatar de la peinture des maîtres de la Renaissance italienne, que c’est du Manierisme, trop tourmenté et sinueux. Non ! J’ai été touchée aux yeux, au coeur, à l’âme. Tant pis pour les censeurs.

J’avoue : je suis une sotte inculte, je mélange tout dans ces périodes de la renaissance italienne, duecento, trecento, quatrocento, cinquecento, seicento… Je vais tacher de mettre un peu d’ordre dans ma faible tête.

Te : du nom de la petite île(Teieto) sur laquelle le palais fut édifié et relié à la ville par un pont.

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jan 09 2008

lettre à France

Published by Marie-Andrée under textes

Définitions :

Arrogance : n. f. fierté (on se demande de quoi) qui se manifeste par des manières hautaines, méprisantes, spécificité française insupportable

Ridicule : Il ne tue pas cf note en dessous

Français : peuple de midinettes qui enfin semble se rattraper de siècles d’abstinence après avoir bien maladroitement coupé la tête d’un roi et d’une reine.

Curiosité : n.f. désir de voir, de connaître

La curiosité serait un péché, quid de l’arrogance ?

 

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jan 09 2008

Charles Baudelaire

Published by Marie-Andrée under lectures

……….

Mais les vrais voyageurs sont ceux-là seuls qui partent
Pour partir ; coeurs légers, semblables aux ballons,
De leur fatalité jamais ils ne s’écartent,
Et sans savoir pourquoi, disent toujours : Allons !

Ceux-là, dont les désirs ont la forme des nues,
Et qui rêvent, ainsi qu’un conscrit le canon,
De vastes voluptés, changeantes, inconnues,
Et dont l’esprit humain n’a jamais su le nom !

……………….

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