Archive for février, 2008

fév 28 2008

stage jour 3

Published by Marie-Andrée under la ville

Toujours décidée à en découdre avec l’art je me rends en ville aussitôt après le repas, sans même prendre le café,. En fait le capuccino je le bois en sortant pour reposer mes pieds fatigués.

Las ! Point de musée, ou si peu, “lavori in corso”. Remarquable cette furie qu’on les italiens au travail. Qu’importe, un saut dans le tram et direction la pinacothèque (du grec “pinax = planche” car les tableaux étaient peints sur bois à l’origine: artothèque n’a aucun sens) du Castello Sforza.

J’y étais déjà allée mais hors stage alors à présent que j’en sais plus je peux chasser le Bramantino, le Luini, le Mantegna et le Bellini (beau-frère du précédent) avec l’oeil du professionnel.

Au hasard celui là ?

Mantegna bien sûr Hum heureusement qu’il y a des pannonceaux tout de même.

En terme d’organisation ce musée est le plus beau de tous, il a été refait il y a peu donc on est à l’abri des “lavori in corso” pour quelques temps. Et puis à Milan il n’y a des hordes de touristes, au moins à cette saison et l’on peut bavarder avec les gardiens tranquillement. Les pas résonnent dans des salles presque vides, les éclairages sont soignés, un seul reproche les sièges pour se reposer tournent le dos aux oeuvres et font face aux fenêtres extérieures. La mise en valeur des oeuvres et remarquable et l’on passe un agréable moment.

J’ai pu explorer la peinture du cinquecento autour de Vinci et il y avait justement une petite exposition des traités écrits par le maître sur le dessin et les proportions, quelques esquisses, le fameux traité de peinture qu’il n’a jamais terminé. D’ailleurs le génie a eu quelques ratés. Les expériences ne sont pas toujours réussies. Par exemple la technique qu’il a choisie pour sa fresque de la Cène ne résistait pas au temps et il a fallu commencer des travaux de restauration 20 ans à peine après sa réalisation ; on peut aussi en conclure que Vinci a aussi inventé les ‘lavori in corso”.

Il y a aussi l’histoire de ce cheval, dont j’ai vu une esquisse aujourd’hui. Il s’agit d’un monument équestre de dimensions colossales commandé par Ludovic le More et dédié à son père François Sforza. L’esquisse en terre de plus de 7 m de haut ne sera jamais coulée en bronze : les problèmes techniques ne sont pas résolus quand les français envahissent Milan et la détruisent. Mais ce rêve sera réalisé par Charles Dent un pilote américain qui fit réaliser 60 moules qui seront les fragments assemblés ensuite sur place. Le cheval est devant l’hippodrome de Milan. J’étais déjà passée devant sans connaître son histoire. 15 tonnes quand même on ne rate pas ça.

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fév 27 2008

lettre de motivation

Published by Marie-Andrée under la ville

Illustre seigneur,

Je sais construire des ponts, très légers et robustes, faciles à transporter et, grâce à eux, poursuivre l’ennemi… Je sais comment dans une place assiegée, enlever l’eau des fossés…De même j’ai des moyens de détruire n’importe quelle forteresse ou fortifcation. J’ai les moyens de rendre le canon facile et commode à transporter, et, avec lui, de projeter des pierres comme une tempête et avec la fumée, causer une grande peur à l’ennemi, grand dommage et confusion…

En temps de paix, je peux pratiquer la sculpture sur marbre, bronze et terre cuite ; de même en peinture, ce qu’il est possible de faire, je peux le faire aussi bien que tout autre…

Léonard à Ludovic le More, duc de Milan.

J’embauche !!!!!

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fév 27 2008

stage jour 2

Published by Marie-Andrée under la ville, lectures

Dans le cadre de ma formation autodidacte peinture italienne de la Renaissance j’ai abordé ce second jour de stage intensif avec sérénité. Nonobstant les tracas du quotidien, métro fermé pour une cause indéterminée je me suis rendue en ville en tram.

Non loin de Santa Maria delle Grazie il y a une église bien vilaine d’extérieur, juste à côté du musée archéologique. Mais le guide prétendait qu’elle était entièrement recouverte de fresques à l’intérieur. Fresques de Luini un des peintres de mon petit cénacle. Un régal, tout simplement magnifique, commencé par le père, terminé par les fils sous la direction d’un maître inconnu. San Maurizio al monastero maggiore. Je n’hésiterai plus à entrer dans les églises, même si c’est moche dehors. J’ai eu de la chance elle sera fermée du 17 mars au 5 mai pour des rénovations, un sport italien, d’ailleurs financé par le touring cub !

“Chi va piano, va sano, chi va sano, va lontano ” Je me consacre à la peinture du cinquecento dans un premier temps (disons entre 1400 et 1600 pour ratisser large). D’ailleurs à Milan il n’y a presque pas de peintres antérieurs. Ce sont les primitifs. On verra ça plus tard. Ils attendent depuis plus de cinq cent ans que je m’intéresse à eux il n’y a pas péril en la demeure.

Cette période c’est l’apothéose de la peinture italienne de la Renaissance, c’est Vinci, Raphaël, Tintoret, Botticelli, Titien, Luini, Bellini, Caravage, Carrache, Carpaccio, Coregge, Mantegna, Bonifacio de’Pitati, Bramante, Ferrari… J’en oublie qu’ils me pardonnent.

De Raphaël j’ai vu à la pinacothèque ambrosienne le carton préparatoire de l’école d’Athènes, tableau qui se trouve au Vatican et qui célèbre le triomphe de la sagesse antique. Il tient un mur entier dans une salle semi obscure pour faire ressortir le tracé du dessin. C’est impressionnant. Souvent à partir du carton créé par le maître les élèves de l’atelier (la bottega) faisaient la plus grande partie du travail. Le maître dirigeait, se réservait les parties nobles. Il y a aussi un dessin de Julio Romano, un de ses élèves dont j’ai admiré le palazzo Te à Mantoue.

Ce musée c’est la collection du cardinal Borromée qui dirigea la contre réforme depuis Milan. Il voulait que les peintres s’en inspirent pour oublier se guérir des extravagances du maniérisme et revenir à des tracés plus “purs” . Il accueillit Jean Bruegel, se fit son protecteur et on admire quelques unes de ses oeuvres. Et puis aussi une corbeille de fruits du Caravage, qui s’est formé à Milan et puis en passant le “portrait de musicien” de Vinci et le troisième Botticelli de Milan la vierge au baldaquin. mais celui que j’ai préféré entre tous c’est un “Jesus enfant et l’agneau” de Luini, tant il y a de douceur dans cette toile, ma soeur en serait folle. Il faut absolument que je lui en trouve une représentation.

Pour en revenir à Vinci il y a aussi un portrait d’une “dame aux perles”, Béatrice d’Este, épouse de Federico Sforza il moro, duc de Milan, qu’on lui a longtemps attribué mais c’est en fait l’un de ses élèves lombards. ( On m’y aurait pas dit j’y aurais cru moi aussi !). Elle est magnifique.

Quand le cardinal a fondé sa bibliothèque et pinacothèque son objectif était avant tout de défendre la position de l’église catholique face à la montée du protestantisme. La bibliothèque voulait démontrer qu’il n’y avait qu’une version officielle de la Bible.

Aujourd’hui elle compte quelques 600000 ouvrages dont 3000 incunables et 35000 manuscrits, quelques documents uniques comme le codex atlantico de Vinci, une Divine comédie de 1353 et le plus important fond européen de manuscrits arabes. Merci l’évêque. Depuis une des salles de la pinacothèque on a une vue plongeante sur la salle de travail de la bibliothèque.

Tout à la fin de la visite vous savez quand l’oeil blasé ne s’accroche plus aux toiles que vaguement il y a dans une vitrine la paire de gants que porta Napoléon à Waterloo, comment sont-ils arrivés à Milan ? Et un portrait de lui par Andrea Appiani.

Je n’ai plus qu’un jour de stage devant moi avec d’autres découvertes. Il restera à ne pas oublier tout cela.

Vue d’une cour intérieure du palais de l’ambrosienne.

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fév 26 2008

Pinacothèque de Brera

Published by Marie-Andrée under la ville

Aïe ! Aïe ! Aïe ! C’est pas gagné.

La peinture à l’huile, non pas toujours à l’huile mais aussi “a tempera” d’ailleurs ne se laisse pas facilement apprivoiser. J’étais pourtant partie avec de bonnes chaussures et du courage plein les mirettes pour admirer les grands maîtres de la peinture italienne.

La tache ne semblait pas si énorme finalement et c’est parti pour une succession de retables, Madone à l’enfant et autres. Je n’avais visé que la période du quatrocento/cinquecento. Mais bon, j’avoue ne pas avoir tout compris et plus encore être restée très froide (le musée est bien chauffé pourtant, pas comme à Mantoue). Pas facile de distinguer un Tintoret d’un Veronèse, un Bellini d’un Luini. Bien sûr on peut en mémoriser quelques uns, se fier à l’avis des guides ou des critiques (vilain mot même d’art), c’est même notre seul recours à nous autres béotiens. Et puis il y en a forcément tout de même dans ces amas qui frappent l’oeil.

Tintoret et la vision de Saint Marc, une composition en diagonale dans un lieu étrange, des personnages un peu sur-dimensionnés, Veronèse et Moïse sauvé des eaux, une joyeuse partie de campagne en costumes d’époque. Tiens ?? Ferrari n’a pas fait que des voitures mais un martyre de Sainte Catherine assez étonnant avec un ange flamberge au vent fondant du ciel obscur pour sauver la belle coincée entre deux roues ornées de piques aiguës.
Gentile et Giovanni Bellini les deux frères, se mirent successivement à la tache pour la prédication de Saint Marc à Alexandrie, une Alexandrie qui malgré ses femmes arabes voilées a de beaux airs de la place Saint Marc de Venise avec une mosquée aux allures de basilique. Et puis le christ mort de Mantegna, une oeuvre expérimentale, créée pour son propre tombeau, (à Mantoue, je l’ai vu). Il impressionne ce Christ, vous fait froid dans le dos. On ne ressuscite pas aisément de pareille mort.

Le tableau de Raphaël “le mariage de la vierge”est en restauration et ‘on a installé l’atelier pour ce faire en plein milieu d’une des salles du musée. On voit travailler la restauratrice avec ses petits tampons de produit sous des projecteurs dans une grande cage de verre.

Particularité également que je n’avais encore pas vue dans un musée, une salle où sont stockées des toiles non exposées dans des rayonnages verticaux, histoire de montrer qu’il y a encore de quoi voir. De là est sorti le tableau qu’on a accroché à la place du fameux “baiser” parti en exposition je ne sais où.

Les oeuvres sont bien plus sombres que les reproductions. Il faut parfois bien s’approcher pour réellement distinguer les détails comme pour la cène à Emmaüs du Caravage et même le Mantegna.

J’allais oublier les Carache (Anibal) et “la samaritaine au puits”. On dirait bien que le Christ conte fleurette à la belle. Là encore les personnages de l’arrière plan se distinguent à peine et je vous jure que je n’avais pas mes lunettes de soleil sur le nez. Le temps est bien trop gris à Milan.

Et on finit comme au musée du castello Sforza par deux petits Canaletto. Ouf lui je sais le reconnaître !

Que dire de plus ? Sinon qu’il faudra y retourner, laisser mûrir la mémoire et comparer.

Mais j’oubliais monsieur N. Jugez par vous même.

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fév 02 2008

Il Cenacolo

Published by Marie-Andrée under la ville

Un soir très venteux, froid et sombre. Le tram qui ne vient pas et l’angoisse monte de manquer un rendez-vous très attendu ; celui avec la Cène de Léonard de Vinci. Ce n’est pas facile d’obtenir tel rendez vous. Le carnet est bien chargé, la star convoitée. Alors s’il avait fallu le manquer pour une bête de tram j’en aurai pleuré je crois. Et puis après avoir toqué à la fenêtre des gardiens ouf, je suis attendue, les billets prêts et en quelques secondes je rejoins les autres visiteurs du quart d’heure réservé dans la salle de refectoire de Santa Maria delle Grazie.

Silence, moment unique et précieux. Aucun lien, aucun écran, aucun livre même ne peut remplacer la confrontation avec l’oeuvre. Manqueraient la taille de la fresque, le silence murmuré des visiteurs, le froid régulé au ronronnement du climatiseur, l’odeur même de la salle, une odeur de pierre, de chaux. Je ne suis plus que sensation, à l’écoute, les yeux écarquillés pour ne rien manquer. Le festival des mains figées dans leur naturel. Tiens ! Le Christ et les apôtres parlaient comme les gens du sud, avec les mains en mouvement pour souligner leurs propos ? On se comprend tellement mieux avec la gestuelle. Je suis touchée de la douceur des visages et des expressions même agrémentées de barbes pour le sérieux de l’affaire, excepté Jean, un ange, un ange comme l’ange de Chartres ou de Reims je ne sais plus très bien mais un ange certainement. Le Christ vous broyerait le coeur sans doute si vous deviez croiser son regard. On appelle cela la Grâce non ?

Léonardo da Vinci

Derrière la perspective emporte le regard vers le sfumato. Le sfumato je l’ai vu pas plus tard qu’il y a une semaine en allant vers Venise. Il estompait le paysage, troublait les contours des arbres et des habitations, noyait jusqu’à la lagune.

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fév 02 2008

A.R.T.o’tek

Published by Marie-Andrée under la ville

Du lard à Milan

L’art qui-pique

L’art au gares

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