Archive for mars, 2008

mar 28 2008

Rome éternelle

Published by Marie-Andrée under hors les murs

Rome la plus belle ville du monde ?

Oui à coup sûr, enfin de mon monde, celui que je connais. je n’irai pas prétendre à comparer avec ce je n’ai pas vu de mes yeux. Je suis sous le choc de tant de beauté.

Elles sont quelques unes tout de même les villes de mon panthéon car j’ai un peu voyagé tout de même. Alors j’ose le déclarer avec solennité Rome est la plus belle. Bien sûr Paris aurait bien des atouts à lui disputer la place mais c’est une question d’émotion.

J’ai aimé Paris la dernière fois que j’y ai usé mes semelles, je ne le renie pas. Istanbul m’éblouit toujours parce que Istanbul c’est d’abord le Bosphore et le Bosphore est une source infinie de spectacle. Mais la ville grouille, bruit, s’agite, épuise le visiteur. Je ne renie pas ma tendresse pour Istanbul.

Venise ? Venise c’est une cité musée, à plus grande échelle que les villages musées que nous visitions en Bulgarie il y a bien longtemps, mais un musée en plein air qui ne vit que de ses hordes touristiques dont le flot continu enfonce plus sûrement la cité merveilleuse dans la vase que les tempêtes de l’Adriatique. J’y ai vécu l’an dernier un moment extraordinaire, je ne la renie pas.

Mais Rome…. Ai-je déjà écrit qu’en Italie on sait prendre son temps pour parler, pour se promener ? Peut-être tant pis et puis il fait doux, même sous la pluie. Et puis le flot touristique s’y déverse mais il reste une vie, une ville que l’on sent vibrer. Et dans chaque recoin tant de merveilles.

Au hasard : Santa Maria sopra Minerva, une église, comme il y en a tant (800), une église que deux fois déjà je suis allée visiter parce qu’il y a tant de trésors que l’on en manque forcément un au passage. Premier indice, repérer là où sont les groupes, forcément c’est là que surgit de la pénombre ce qu’il ne faut pas manquer. Ils n’ont pas le temps les groupes. En trois jours on expédie Rome, en deux Venise et voilà on a fait l’Italie. C’est là qu’est le tombeau de Catherine de Sienne, mais aussi celui de Fra Angelico et ça je ne l’ai lu que dans le train de retour. Il faudra encore revenir. J’avais le temps de lire, pensez 10 heures de train pour une heure de réunion ! Efficace, vive les visio conférence. M’enfin je n’aurai pas vu Santa Maria sopra Minerva pour la seconde fois, son Christ de Michelange, son “noli tangere” où le même Christ arbore un seyant chapeau de jardinier et une pelle sur l’épaule. (Marcelle Venusti), son plafond brillant de gypse bleu, sa chapelle Carafa avec des fresques de Lippi. Bref la balisique de style gothique à elle seule valait bien 10 heures de train ! Et puis la réunion en question se déroulait au coeur du palais Farnese, pas mal non plus.

Il me reste à traîner mes bottes autour du Tibre lors de mon prochain séjour.

3 responses so far

mar 23 2008

Tourne, tourne mon colisée

Published by Marie-Andrée under hors les murs, la ville

Avec effet giratoire pour renforcer l’immersion

No responses yet

mar 05 2008

va savoir

Published by Marie-Andrée under la ville

Va savoir si c’est le soleil timide du printemps, va savoir si ce sont les jours qui rallongent, va savoir si c’est de la curiosité, va t’en donc savoir ? Je suis sortie de mon bureau à quatre heures pour aller au palazzo reale visiter une exposition

“Canova alla corte degli zar” Des oeuvres du sculpteur Canova prêtées par le musée de l’ermitage de Saint Pétersbourg et d’autres auteurs de la même époque.

Le cadre est exceptionnel. les salles du palais royal de Milan sont superbes, immenses décorées de tapisseries du dix septième siècle. L’exposition a été installée avec talent, les oeuvres mises en valeur par le jeu des miroirs au murs, de la musique classique en sourdine, pas de touristes ; j’entends par là pas de hordes vociférantes, juste des milanais qui sortent du travail ou font une escale entre deux courses là, des vieilles dames qui chuchotent en se tenant par le bras, quelques étudiants, des messieurs élégants et silencieux l’audiophone vissé à l’oreille ; belle invention qui incite au silence, des banquettes qui invitent à prendre son temps pour voir, de longs panneaux explicatifs discrets mais lisibles. Bref on visite dans une ambiance qui incite l’esprit au plaisir de la découverte.

Et bien sûr je commence par les trois grâces, justement toutes seules au milieu d’une grande pièce avec de hauts miroirs sur les quatre murs qui se renvoient leur reflet à l’infini.. Ha il fallait bien que notre père nous idolâtre quelque peu pour toujours comparer le groupe que nous formions la mère et les deux filles pour nous appeler les trois grâces (ou beaucoup d’ironie) ! Elles sont divines, aériennes, une tendresse immense se dégage de leur groupe, si bien enlacées, deux doigts posés sur sur une joue, un front incliné vers une bouche, arrondis délicats de hanches dénudées.

Légèreté !

Canova fait de la dentelle du marbre, on a l’impression qu’un souffle de vent peut soulever les voilages qui les couvrent si peu et son “amour” dans une salle voisine a des ailes aux longues ramiges qui frémissent visiblement. Ses personnages dansent, ne s’interrompent que le temps d’un soupir avant de s’élancer à nouveau. La “danseuse avec ses mains sur la taille” se moque un peu de mon admiration béate. Le marbre se fait transparent pour dévoiler son ventre un peu rond.

Et puis la “Madeleine pénitente” a bien un visage d’une infinie tristesse qui vous briserait le coeur, avec ses cheveux épars sur les épaules affaissées. Ses mains de suppliante sur ses genoux, tournées vers le ciel aux attaches fines et déliées. Mais qui pourrait la consoler enfin ?

Je suis sortie émue, ravie. Vivement la prochaine escapade.

One response so far

mar 01 2008

escapade ligure

Published by Marie-Andrée under hors les murs

Ras le bol de la brume milanaise. Allez hop direction le sud la côte ligure.

Les Cinque Terre, patrimoine de l’humanité. On entre les coordonnées dans le GPS et en route mais il faut croire que les GPS s’endorment aussi au volant car le mien manque le bon embranchement à Parme et me voilà embarquée sur un périphérique en construction. Bref, heureusement reste la bonne vieille carte, et nous nous y trouvons à la Spezia , port de bord de mer. Port, un mot aux résonances magiques, un vrai port avec de gigantesques cargos, des navires de guerre, des pêcheurs au fond d’une baie abritée des fureurs du large et pour plus de sûreté une longue digue barre la majeure partie de l’entrée de la baie. La ville s’accroche à l’est sur les pentes ultimes de l’Appenin et l’on monte bien vite pour dominer l’ensemble, un régal pour les yeux. Réminiscences de Sète.

Les mimosas sont en fleurs, il fait doux. Mais hélas toujours gris. Car la brume s’est jurée de ne point nous lâcher. Elle nous guettera depuis le haut des collines tout le jour, se déchirant aux échardes des falaises, n’osant qu’effleurer les flots avant de se retirer pour devenir plus audacieuse encore ; La marée était au ciel ce 29 février.

PortoVenere : village charmant aux maisons de toutes les teintes du jaune au rouge, surmontée d’un château pour faire bonne mesure. Nous sommes bien peu nombreux comme touristes. La Méditerrannée l’hiver nous est familière et bien douce. Combien de lieux n’avons nous pas ainsi explorés ? Me revient, au hasard, un jour d’hiver, plus au sud encore “Kiz Kalesi” en Turquie. Nous sommes tous là, tous les six pour la dernière année de vie commune puisqu’un de mes poussins prendra son envol dès la rentrée suivante. On ne le sait pas encore et on ne sait pas combien on est heureux. Alors on râle en ramassant des coquillages que l’heure du déjeuner est encore bien loin. Non qu’on soit malheureux à présent mais bien éparpillés au fil de la vie.

Porto Venere donc et lord Byron, inspiré par une grotte creusée dans la falaise. Le lieu est assez magique et la poésie un art cérébral des plus dangereux à fréquenter. Mais faut-il comprendre la poésie ? Vaste débat que nous n’ouvrirons pas lors de ce colloque. Il nous suffit de rêver dans cette ambiance qu’on pourrait qualifier de glauque avec la brume tenace. Au loin il parait qu’une barque se débat entre ciel et mer, à moins que ce ne soit quelque rocher. On a pas envie de repartir même si ce port si romantique n’est pas le but de promenade que nous nous étions fixés. Alors on traîne, on explore chaque coin de roc, on grimpe jusque sur le toit au presque de la petite église, toujours des falaises rayées et le gris tranquille de la mer.

On retournera à Porto Venere, ce n’était qu’un premier repérage. Les langoustines et surtout les supions, je suppose qu’il s’agit de supions ces petites bestioles grillées délicieuses à croquer et qui n’ont pas eu la force de crier “ne me mange pas !” étaient délicieux, alors que les mouettes de l’autre côté de la la vitre piaillaient de regret.

Et toujours au loin au ras de la brume passent les cargos.

No responses yet