juin 30 2008
majuscule
Après une rude journée de labeur il fait bon s’engouffrer dans le métro jusqu’à déboucher sous le duomo de Milan. De jour, de nuit, ciel de pluie, ciel de neige, ciel d’orage, ciel de traîne ou grand soleil ,chaque fois nait l’éblouissement au sortir de terre à ses pieds.
Aujourd’hui belle chaleur estivale. L’orage, la tempête, de la veille a laissé quelques marques blanches en forme de trainées dans le ciel. Au ras des flèches, entre les dentelles de pierre les hirondelles criaillent à la poursuite des moucherons, méprisant dans leur grâce la lourdeur des pigeons roucoulant sur la place. Le duomo luit, étincelle, jette ses éclats scintillants de marbre subtilement veiné de vert ou de rose. Peu à peu le soleil baisse et tout doucement s’éteint l’édifice. Je ris de moi qui l’ai vu blanc cet hiver alors qu’avec ce soir d’été il prend des allures d’Arlequin. Les minutes s’écoulent et le joyau de marbre se fige dans l’immobilité du soir. Victor Emmanuel sur son cheval de bronze prend le temps de compter ses métamorphoses lumineuses. Si j’étais hirondelle je ne me lasserais pas de cisailler l’espace exprimant mon plaisir dans un cri suraigu.
Les marbrures se transforment peu à peu en taches blanches irrégulières dans un camaieu de gris. Le vert et le rose, ne vibrent plus. L’Arlequin s’en est allé, emporté par les rayons du couchant au delà de l’occident. Lassé par ses efforts à paraître, le duomo s’ancre fermement sur son parvis alors qu’il s’élançait à l’assaut du ciel. Pourtant une ultime facétie solaire illumine une dernière fois la façade qui s’orange sur tous ses blancs. Tout n’était pas dit.
Alors tant pis si l’apperitivo était trop cher et si le bistrot résonnait des croassements d’américaines un peu ivres de vin d’Italie. Elles répondaient en leur langue aux alouettes. Touriste, un beau métier qui demande tant d’application. Apprendre à déceler l’instant d’une découverte.





