Archive for février, 2009

fév 28 2009

Tess à Rome (2)

Published by Marie-Andrée under la ville

Or donc enfin laissames nous les jeunes gens devant l’entrée des musées du Vatican pour nous en aller au hasard. Et là par les rues tranquilles du “centro storico” j’ai apprécié le charme de cette ville toute d’odeurs à ras du museau. J’en ai collectionné moult. De quoi savourer des mois durant au fond de mon panier. Nous avons fini par nous poser piazza Navona au soleil à une terrasse pour compter les japonais qui passaient, entendre les joueurs de guitare, observer la foule touristique en mouvement, entendre au loin une manif et guetter l’inactivité des policiers dans leurs uniformes élégants. Et oui j’ai pu jeter un petit coup d’oeil sur ses griffonnages puisqu’elle m’a fait l’honneur de me prendre sur ses genoux tandis qu’elle buvait son verre de vin. Elle n’a pas été très généreuse pour le partage du “Panino” alors que j’avais grand faim. Elle ne fanfaronait plus quand un brave homme de vendeur de marrons m’a jeté des morceaux du sien que j’ai happé avec toute la célérité nécessaire à l’exercice pour qu’il recommence, ne coupe pas son élan de générosité. Et ce saint homme ne cessait de déplorer que ce pauvre “cagniolino mourait de faim”.  J’ai bien compris qu’Elle avait un peu honte sous son sourire de façade. Elle qui me faisait boire dans les flaques laissées par l’orage de la veille. J’avais les coussinets douloureux après une telle journée de marche, du Vatican jusqu’au Colisée et par mille détours plus ou moins intéressant. Et la fontaine de Trevi à mon avis est bien surfaite quand à sa réputation. Je lui ai préféré quelques encoignures savoureuses qui semblaient laisser ces pauvres ignares d’humains indifférents. Ils devraient accorder un peu plus d’attention leur flair.

Fort heureusement la gamelle était pleine à l’hôtel.

Le lendemain direction la campagne. Plaisant, Ostia antica. J’étais libre de vagabonder à mon aise de talus en talus sans ma laisse. Pas beaucoup de collègues, pour ainsi dire aucun sinon un vague bâtard qui se roulait dans l’herbe, un pouilleux pour sûr, plein de puces (alors que je n’en ai pas moi !). Elle ne serait pas mise en tête de vouloir m’instruire de l’histoire de Rome les choses eussent été parfaites sous tous rapports. D’autant que son guide de 1963 est un peu vieillot dans sa présentation, enfin elle prétend délicieusement désuet. Chacun a sa façon de ressentir les choses. Je me garderai bien d’émettre un jugement sur ses lectures.

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fév 28 2009

Tess à Rome (1)

Published by Marie-Andrée under la ville

Rome, Rome, Rome…

Depuis le temps qu’Elle me cassait les oreilles avec son refrain. La plus belle ville du monde et tout et tout, les musées, les tableaux, Canova, Caravagge et les autres, La légèreté de l’air, un ciel plus bleu que bleu, des pins, parlons en des pins tu penses si elle me laissait sniffer à mon aise. J’t'en fiche ! L’étagère se remplit de bouquins d’art qu’Elle n’ouvre pas si souvent qu’elle veut bien le laisse paraître. Moi je vois tout depuis mon panier. Elle passe plus de temps à en rêver qu’à étudier. Enfin je ne prétends pas me montrer plus courageuse. Mais pour attirer son attention il faut que j’en fasse des grâces. Elle oublie même de remplir ma gamelle parfois. Si encore elle voulait bien s’installer sur son canapé et regarder la télé comme tout le monde avec moi qu’elle caresserait sur ses genoux. Mais non elle geek ! Enfin il parait que c’est ce qu’on dit.

Bref enfin Elle n’avait pas le choix il lui a bien fallu se décider à m’emmener à Rome. Pour ce faire n’a-t-Elle pas commencé à me laver ? Je vous demande un peu. Pour un peu Elle me brossait. Un peu long le voyage avec juste un petit pipi sur le macadam de la station essence pour toute pause. J’ai montré ma mauvaise humeur en refusant de boire dans la voiture. J’allais m’en mettre plein les moustaches. Bien fait G est resté comme un … avec la gamelle d’eau à la main pendant, je sais pas pendant puisqu’il parait que je n’ai pas la notion du temps.

Enfin les pavés. Hum que d’odeurs ! Alors là parlez moi de ça. Une ville avec des murailles odorantes, des poteaux, des poubelles même. Que de délices. J’en avais la tête qui tournait. Pas de chance d’un coup l’arrosage. Quel orage ! Pour ma mise en plis une catastrophe. Je savais bien qu’il ne fallait pas me baigner, ça sert à rien. Elle aurait pu me porter sous son parapluie.  Et pour arranger le tout la voilà qui disparait dans une église. Moïse, il parait qu’on l’a sauvé des eaux celui là. J’aurais aimé qu’on en fît autant pour moi en l’occurence. Que nenni ! De retour à l’hôtel j’ai tout de même été bien bouchonnée dans une grande couverture tandis que les chaussures étaient mises à sécher sur les radiateurs.

Fort heureusement le lendemain le soleil était revenu. A moi les bonnes odeurs. Je passe sur le trajet en métro, détestable, j’ai perdu toute dignité enfouie dans le blouson avec tous ces inconnus qui se moquaient de ma mine effarée.

ST Pierre m’a un peu déçue. D’abord il a fallu attendre les deux autres parce que, parait-il je n’avais pas droit moi à voir la Pieta. J’espérais au moins qu’on irait se promener mais non, rien du tout il a fallu attendre sur ces pavés presque vierge de toute odeur canine intéressante tandis qu’elle griffonnait en rêvassant.

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