mar 05 2010
8 mars 2010
Et bien vous l’aurez compris cette année la journée de la femme sera dédiée à Mathilde de Canossa ! Il en va ainsi de mes admirations, à Henri IV le teuton, au Pape Grégoire VII Je préfère la comtesse Mathilde parce que dans le monde du moyen âge, l’an mille n’était pas forcément féministe. Georges Duby a bien écrit le chevalier la femme et le prêtre mais bon la femme ce n’était surtout que la reproductrice de la mâle lignée.
Là pas de chance, des trois enfants de Boniface, marquis de Toscane, seule Mathilde passera le cap de la petite enfance. Et comme son père lui non plus ne vivra pas vieux (assassiné) c’est avec sa mère Béatrice que Mathilde va affronter son destin. D’abord elle la marie au fils de son nouvel époux, un baron lorrain pas très vaillant, bossu de surcroît qui lui donnera une fillette qui ne vivra que quelques mois. La Lorraine et Geoffroy (petit bossu et goîtreux que de charmes !) ennuient Mathilde qui retourne chez sa mère en Toscane inspecter les terres dont elle est la seule héritière. Entre Nancy et Florence, y a pas photo. On ne sait pas trop ce qu’en pense Geoffroy car de fait on s’en fiche parce que Mathilde va alors prendre les rênes et gouverner ses territoires, en renforcer la défense contre l’ennemi germanique et s’ériger en chevalier de la papauté. Comme des perles à un collier les castels vont s’ériger d’une colline l’autre, en contact visuel pour se transmettre les informations avant les moulins des chouans, le télégraphe Chappe. L’internet de l’an mil a plaisanté justement le guide.
Et puis comme elle a bel appétit Mathilde elle agrandit ses territoires. Bien sûr ce sont des années de lutte contre l’empereur où les déboires alternent aux succès (7 ans de guerre avant qu’Henri ne repasse les Alpes). Mais jamais elle ne sera brisée. Elle tentera même de se remarier avec le fils de l’un des ennemis d’Henri, nouvel échec matrimonial elle renvoie le gamin chez sa mère. Elle n’a pas besoin d’homme pour lui dicter ce qu’elle a à faire pour administrer son demi royaume qui comprend presque toute l’Italie du nord. Henri V (le successeur du IV de Canossa) finira par faire d’elle la vice-reine d’Italie lors de l’un de ces communs renversement d’alliance, de pose et de dépose de Pape. Bref une sacrée bonne femme. Sûr que son héritage avait de quoi faire saliver puisqu’elle n’avait pas d’enfant. Elle a adopté le descendant de fidèles alliés et puis finalement s’est ravisée et a tout donné à la papauté.
Reconnaissance tardive des Papes c’est le tombeau érigé par le Bernin quelques siècles plus tard. Les os de Mathilde reposent à St Pierre de Rome ce n’est que justice.