mar 06 2010

Marché

Published by Marie-Andrée at 21:28 under la ville

Après des jours d’enfermement le ciel semblait très bleu ce matin, si bleu que j’ai décidé de pointer mon nez dehors pour un petit tour au marché. Et voici avec cet avant première printanière revenir les artichauts. Des artichauts mais pas n’importe quels artichauts car j’ai découvert ici de petits artichauts affreusement piquants, agressifs voire teigneux qui tachent de préserver leur tendre primeur. Et puis j’ai aussi découvert que l’intérieur des tiges d’artichauts était plus tendre que le coeur, comme la joue du poissonnet ruisselant en est la meilleure part. Mais ceux là, les teigneux, qui bien épluchés se mangent crus avec une sauce relevée aux anchois ont des concurrents romains d’une rondeur, d’une douceur toute opposée, des romains que l’on achète juste pour le plaisir de les tenir en main. aux teintes délicates étalée sur une palette allant du gris au vert le plus profond, voire par un détour Véronèse pour les plus audacieux. Bien sûr l’artichaut de Bretagne majestueux au coeur large et généreux qui vous noie sous l’avalanche de ses feuilles dures dont on suce la base, laissant dégouliner la sauce jusqu’aux coudes règne sur la famille comme un patriarche. De celui là les vendeurs turcs remplissaient des camions et passaient dans les rues, faisant voler les feuilles avant de plonger les grands coeurs tout ronds dans des bassines d’eau citronnées.
Et voilà ! D’un artichaut l’autre se rembobine le fil de la mémoire.

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