oct 11 2009

Bucarest : Bucuresti

Published by Marie-Andrée under hors les murs

30 ans. Ma mémoire s’est évaporée. Je reconnais sans reconnaître, des mots des expressions saisis au vol me reviennent. Pour un peu je parlerai roumain, Bucarest n’a pas changé. Non c’est toujours la ville sombre et triste sous la pluie que je connaissais, les trottoirs sont noirs défoncés déserts. Le coeur de la vie n’est pas au centre ville d’ailleurs Bucarest nie cette notion de centre. « Lipscani » aux rues défoncées, le vieux quartier. Il vaut mieux qu’il y fasse nuit s’en est tout de suite plus sympathique avec les terrasses animées des cafés. Même si on bouffe toujours aussi mal. Le « cashcaval » pané n’a plus tout à fait le même goût. Il faut dire qu’on ne trouvait que ça ou presque. Nous étions jeunes et nous nous n’avions pas faim.

Les vitrines sont sinistres vides comme au beau temps du bonheur socialiste. Les fils électriques plus nombreux que les appartements des immeubles décatis donnent une couleur tiers monde (indienne ?). Où donc s’est réfugié le petit Paris ? Dans les splendides chrysanthèmes vendus dans les petits kiosques inchangés, tenus par les mêmes vieilles paysannes à fichu colorés ? Pas au restaurant Capsha vieille institution où je n’ai pas osé mettre les pieds pour ne pas perdre la dernière étincelle liée au plaisir du souvenir. Par la fenêtre les tables vides avec des serveurs trop nombreux pour ne plus servir personne. Reste-il des clients ? J’ai préféré ne pas le vérifier.

Au retour du soleil apparaissent les bords du lac Erestrau, le musée du village, les nombreux parcs, les belles villas dans les longues avenues boisées comme le boulevard Kissilev ; je me régale de ces noms qui résonnent familièrement à mes oreilles. Tout n’est pas si affreux que la calea Victorei ou monstrueux comme le palais au nom maudit de Caucescu (Coescocu en traduction familiale) Les roumains ne l’aiment pas ce palais. Il leur rappelle bien trop la dictature, la folie du conducator, Danube de la pensée, Carpathe de l’intelligence. Le maudit qu’ils ont exécuté comme un chien. C’est moche à écrire mais je ne suis pas meilleure qu’une autre, c’est bien fait pour lui. Et pas seulement pour les destructions immobilières mais pour l’abomination faite à tout un peuple sous l’oeil morne de nos démocraties putassières. Et qu’aurait-il fallu faire ? Envoyer les GI ? Au moins ne pas encenser ce fou furieux. J’ai honte de voir la statue qu’il a érigée à De Gaulle qui certes ne pouvait présumer que le jeune maître de la Roumanie ne serait qu’un odieux fantoche. Tiens voilà que j’emploie un vocabulaire bien spécifique d’une autre sorte de dictature, par effet de dégoût.

Bref la plongée dans le passé était aussi déroutante que décevante. Je n’imaginais pas ce pays à ce point de décrépitude pour n’avoir pu se transformer encore. Mais ne murmure-t-on pas que l ’abominable, la terrible « securitate » conduit encore le pays ? Rien d’étonnant les maîtres de l’ombre sont restés au pouvoir, les purges insuffisantes sans doute la mafia succède à la mafia, s’auto régénère. Quand nous avons quitté ce pays nous racontions sans être crus qu’il lui faudrait plusieurs générations pour effacer les traces de l’anéantissement programmé par son dictateur et la machine à broyer les âmes mise en place à cet effet : La délation érigée en système de pouvoir. 30 ans c’est beaucoup et bien peu. Je me sens fatiguée; dépitée d’avoir eu raison. J’aurais aimé voir une plus grande volonté tournée vers l’avenir. Bien sûr depuis le douzième étage de notre luxueux hôtel la réalité semble moins décevante. Les grues, les chantiers fleurissent. S’achèveront-il ?

Six avions sur l’aéroport international et pas des gros ! Des hommes d’affaire s’agitent dans les couloirs du grand hôtel international, confortable aseptisé. Apportent-ils l’avenir ? Un avenir moins misérable ou sucent-ils les dernières miettes ?

Quatre jours d’air en boîte, climatisé, quatre nuits dans le lit le plus confortable jamais testé mais je repars avec au coeur un sentiment de frustration, de nostalgie contrariée dans la luxueuse limousine où le chauffeur dit qu’on fait des travaux mais que personne ne dirige rien en Roumanie, tout va au fil d’on ne sait quoi. Alors que nous étions coincés dans un embouteillage devant le fameux balcon, un autre nous a fait entendre, enregistré sur son téléphone portable la dernière tentative du dictateur pour se faire entendre quelques minutes avant la chute et l’écrasement total. Le chauffeur en est très fier. Il en répète les mots qu’il connait par coeur, se marre tout seul.

Je ne regrette pas de n’avoir pas pu faire du tourisme hors de Bucarest. J’aurais pu perdre la magie qui me reste des paysages merveilleux de ce pays. Mieux vaut garder ses souvenirs. Pourvu qu’on n’aille pas en stage à Sofia quelque jour. Je m’arrangerai pour prendre la grippe A. Ha Ha !

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mar 11 2009

Réflexions qui n’intéressent que moi

Published by Marie-Andrée under hors les murs

Beauté, splendeur même de Saint Pierre, coeur de la chrétienté. Procure-t-il aujourd’hui plus qu’une émotion esthétique ? Aucune importance. Des empires magnifiques, des civilisations merveilleuses ont été englouties dans les affres de l’histoire. Rien ne garantit que ne disparaisse la chrétienté, 2000 ans, 20 siècles, 2 millénaires, ce n’est rien. L’humanité se perpétue de civilisations en civilisations qui se mêlent, se détruisent, s’annihilent, s’enrichissent de leurs différences. Aucun support ne résiste, aucune construction humaine. On a rasé les murs de Carthage, on y a répandu du sel. Sans le récit de ses féroces ennemis qu’en saurait-on ? L’écrit perpétue, mais l’écrit meurt aussi. Bonheur, plaisir, griserie de l’écrit, fantasme de la connaissance par l’écrit. L’écrit est fragile comme toute production humaine. L’écrit se dévoie. Il n’est que ce qu’en fait le lecteur au mépris parfois des intentions de l’auteur. A sa volonté s’oppose le raisonnement de l’autre. Qui croyait avoir été clair réalise un jour qu’il n’a créé qu’un immense malentendu. Sinon pourquoi serions nous toujours penchés sur les écrits des philosophes ? Ils ont voulu être clairs, démontrer. On en finit pas de gloser sur leurs intentions. Jeux de mots, jeux des mots, de petites lettres qui dansent devant l’oeil.

Rome, ville éternelle : parole de bateleur, exercice de style. Parlons style, parlons de l’orgueil des artistes.

Il vient un jour où l’homme ordinaire que nous sommes réalise que dans les foules anonyme un génie peut apparaître. Nous avons la sensation qu’il y en eut plus de par le passé mais un sociologue n’aurait pas de peine à démontrer chiffres en main que c’est une illusion. Il y a des hommes supérieurs, aux esprits puissants animés du souffle de la création. Chaque époque a ses modes d’expression et le temps élimine sans espoir ce qui n’est pas bien gardé.

Sa trace, laisser sa trace. Nous avons tous l’ambition de le faire. Le savaient-ils ? Etait-ce pour l’avenir, pour l’éternité que travaillait un Léonard, un Michelange, un Caravagge, un Canova ? Pour l’édification des masses à venir ou bien pour gagner leur croûte le mieux possible ? Il faut lire les mémoires de Benvenuto Cellini, immense artiste pour se rendre compte de l’orgueil incommensurable de ces artisans qui faisaient de leur mieux pour gagner leur pain quotidien en un monde sans allocation chômage. Ils répondaient à des commandes en honnêtes artisans, une madone, trois angelots et un Christ en croix avec le sentiment satisfait de la belle ouvrage.

Pas seulement. Le vrai génie nous enchante toujours. Faire de son mieux. Plus qu’une trace, un sillon droit. Ils n’ont pas changé le monde, l’ont tout juste illuminé d’une grâce individuelle, personnelle, unique. Ils sont grands alors que nous ne sommes nous autres humains ordinaires pas plus hauts que le pouce à l’aune des colonnes de Saint Pierre.

Voilà ma fille à quelles réflexions j’ai trompé mon attente quand tu visitais Saint Pierre, celles ci et le choix du parfum de la glace que je pourrais bien déguster ensuite. On se laisse si vite exalter en de pareils lieux.

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mar 10 2009

Piazza Navona

Published by Marie-Andrée under la ville, textes

Après plus d’une heure de marche au hasard des rues, m’être perdue et avoir demander mon chemin. “Scusi signora, mi farei una cortesia ? Campo dei fiori per favore” Bien entendu à l’opposé de l’endroit où je me trouvais je finis par arriver piazza Navona à la poursuite du soleil. Je trouve la terrasse d’un café où l’on ne vous sert jamais. Pas grave. Une heure encore à tuer. Une heure à tuer, bien dit, une heure de moins à vivre puisque vécue dans les affres de l’attente. Mais est ce perdre son temps que de passer une heure sur l’une des plus belles places de Rome un verre de Chianti en main ? Devant moi n’y a-t-il pas le Bernin ou plutôt sa fontaine dégagée des voiles qui en cachaient les mystères l’an dernier ? Restauration, “lavori in corso”. Mystère du Nil qui se voile la face, honteux de ne point connaître ses sources. Les trois autres, voyons ce qu’en dit la mémoire, Danube, Amazone, Mississipi. Pas tout à fait, Rio de la Plata et Gange à la place du Mississipi. Foin de l’Amérique du nord en 1600 et des poussières. Amusant je lisais hier soir dans livre qui se passe en partie au Brésil la description de l’obélisque dont le mystère (encore une fois, notez bien) des hiéroglyphes interrogeait les grands esprits (jésuites) de l’époque. Amusant  mais pas surprenant puisque tous les chemins mènent à Rome.

Délaissant les mystères de la pierre je m’intéresse au grouillement humain qui passe et repasse devant moi.

Carabinieri portant bien leurs uniformes, les épaules redressées, les gants blancs dans la main droite, démarche nonchalante, élégants à la Jim. Comment se fait-il que leurs pantalons leur donnent de si longues jambes ? Ils sont deux puis un troisième les rejoint, pantalon noir sans bande rouge, un chef , le “telefonino” en main (traduction le “cep” pour les non italophones). Tout juste derrière la place on entend la rumeur d’une manifestation “Pas contents !” Protestent les romains, aussi dépités que les français de voir leur pouvoir d’achat se réduire comme peau de chagrin.

Dans la foule, encore des japonais bien sûr, en couples ou en petits groupes ; jour de relâche ou défection du guide, la jambe cassée sur un marbre rendu glissant par l’orage de la veille. Japonais disais-je coiffés en hérisson sans élégance (facile celle là), au look déjanté, plans, sacs à dos, appareils photos, livres, si bien plongés dans leur lecture qu’ils ne lèvent pas la tête en direction de la fontaine. Ha si le guide avait été là ils ne l’eussent point manquée !

D’autres touristes, jeunes, vieux, familles, groupes de lycéens gloussants, lunettes noires. Oui j’en ai vu un visiter la Sixtine avec ses lunettes noires, juré ! craché ! Ils flanent, se hâtent, se heurtent, s’éloignent, reviennent à petits pas, longues enjambées, casquettes, foulards, amoureux, blasés, fatigués, enthousiastes. Les peaux sont trop banches sous le soleil.

Quelques pigeons cherchent leur provende au pied des tables. Le violoniste s’en est allé pour faire place au chanteur à guitare. Le soleil brûle un peu la cuisse à travers la toile de jean. L’instant est parfait.

26 février. Quelques traces d’un carnaval dans le caniveau, tristes confettis décolorés. Sur le place des artistes vous croquent une caricature à moindre frais. On vend des reproductions, des estampes, des posters. Le père du Caravagge a fini en prison pour avoir copié Léonard de Vinci. Les barbouilleurs de la place seraient-ils capables de copier Léonard ?

Plus loin pour s’occuper peut-être des policiers verbalisent, ou plutôt en ont l’intention. Pas trop déterminé le municipal à casquette d’amiral écoute,carnet en main une femme qui plaide avec de vigoureux gestes pour appuyer sa démonstration. Les carabinieri qui rôdent toujours jettent un coup d’oeil un peu hautain, indifférents à la reculade des municipaux. A chacun sa proie. Tout est calme.

A côté de moi deux messieurs silencieux, sûrement pas italiens on les entendrait ; un père et son fils ? Mon chien, mendiant, pleurnicheur, bref chien obtient à l’usure le droit de grimper sur mes genoux. Le gratouilleur de guitare fait front à la concurrence déloyale du karcher qui nettoie la façade de l’église en face, voilée. Restauration, lavori in corso, part aléatoire du tourisme en Italie, une incitation larvée à revenir l’année suivante. Et revoilà “i carabinieri” .

Le soleil se cache derrière l’église, le froid revient. Au dessus l’hélicoptère des riches touristes, crapule terroriste, nous pollue les oreilles en “girant” dans le ciel romain.Un pétard, mon chien tremble, “i carabinieri” toujours stoïques, toujours le portable à l’oreille. J’ai un peu froid à présent. Je vais régler mon verre de vin et m’en aller.

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mar 09 2009

Piazza San Pietro Roma

Published by Marie-Andrée under la ville

Le soleil est de sortie, un vent léger asperge de gouttelettes ceux qui s’approchent trop près des fontaines. Le flot touristique ordinaire ruisselle sur les pavés qui résonnent des claquements des sandales des petits enfants qui courent après les pigeons. Les colonnades de marbre étincellent. Onze heures sonnent à Saint Pierre. Des barrières de bois circonscrivent des espaces vides, enferment quelques rangées de chaises préparées pour la prochaine apparition papale.

Majesté de Saint Pierre, minéralité, triomphe de l’âme humaine, élévation de la pensée, réduction de l’être humain à la taille d’un pouce au pied des colonnes aux feuilles d’acanthe sculptées ; seuls vestiges de la nature maîtrisée. Si l’on tourne sur soi sans fermer les yeux la ronde des colonnes vous étourdit (un jeu idiot j’en conviens).

Démiurge : nom donné par les platoniciens à l’intelligence créatrice.

Un grand mot, une grande idée. Saint Pierre vous donne de ces idées là mais dans la même temps comment le flot des visiteurs peut-il permettre au croyant d’éprouver une émotion dans ce lieu ? Au mieux assouvissement d’une forme de curiosité ; Au mieux si l’on est pas pertubé par les commentaires babyloniens. J’entends par babylonienne une langue incompréhensible qu’elle soit grecque ou japonaise, russe ou turque, bref qu’elle sonne aux oreilles d’une musicalité étrange et surprenante.

Je suis au dehors. Je laisse la Pieta derrière sa vitre blindée, bien moins visible que sur n’importe quel site internet, le siège de Saint Pierre qui rayonne, l’immense baldaquin entouré des figures d’une parturiente, nièce chérie d’un Pape (La présence de la femme à l’église est chose souvent incongrue) et tant d’autres merveilles. J’y étais l’an dernier qu’en ai-je retenu, sinon qu’il faut faut attendre 40 minutes environ, passer un détecteur de métaux avant de gravir les marches imposantes satisfait de pouvoir cocher dans la liste qu’on a fait Saint Pierre. Y retourner, y retourner encore. Je dois retourner de partout c’est désespérant d’avoir une mémoire en fromage blanc.

Trois fois au moins un touriste vient s’informer auprès de moi de la façon d’entrer, l’un d’eux me demande si c’est bien la peine alors que sa femme piétine d’impatience derrière. Avec mon chien en laisse, mon carnet de notes je dois inspirer confiance, avoir une vague allure d’autochtone. Mon anglais trébuche souvent sur un mot d’italien.” Yes sir, really interessante ! Half an hour d’attesa not troppo lungo !” Qu’il se débrouille avec mon accent français en prime. Saint Pierre, tour de Babel.

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mar 08 2009

mimosa

Published by Marie-Andrée under la ville

8 mai fête des femmes. Le mimosa est à l’honneur de partout dans la ville. Décidément je suis heureuse puisque le soleil est revenu le même jour. J’en peux plus de la pluie. Prochaine destination, un pays où il ne pleut pas, ou alors seulement quand on dort. Le mimosa serait-il si beau s’il n’avait eu de l’eau ? Mais point trop n’en faut.

Bonne fête à toutes les femmes !

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mar 07 2009

Voyages jamais faits

Published by Marie-Andrée under lectures

Titre d’une nouvelle ou plutôt d’une longue lettre fictive, une partie du titre puisque qu’il s’agit aussi de livres jamais écrits.

Une citation en guise d’introduction

“Allons, qui que tu sois, viens, voyage avec moi !

En voyageant avec moi tu trouveras ce dont jamais on ne se lasse.”

Walt Whitman Feuilles d’herbe.

Et puis :  “Mon amour, tu te souviens quand nous ne sommes pas allés à Samarkand ?…”

Suit une description de la préparation du voyage, lecture du guide, choix du mode de transport au restaurant, à la gare observation d’un train en partance et le voyage consigné dans le souvenir de l’auteur avec les détails personnalisés qui en font un moment unique. Un voyage fictif. Tabucchi préfère le mensonge à l’imprécision. Depuis Samarkand les voyageurs renoncent à aller à Boukhara “… c’est comme quand tu entres dans un musée trop grand et trop riche et que tu décides de sauter certaines salles afin que le beau ne se superpose pas au beau déjà vu et, par excès n’annule pas le souvenir du précédent.”

On devrait sélectionner un musée, une salle, un auteur, une oeuvre et savoir s’en satisfaire comme certain “petit pan de mur jaune”, cesser d’accumuler. Regarder, mais regarder vraiment serait le plus sage. Ne pas se bâfrer comme Obélix puisqu’il n’en reste que des os, des ombres troubles. Voyager au bout du monde pour un tableau, un paysage unique, un quai, un cargo dans un chenal et puis rentrer l’âme satisfaite dans sa rue du Chandon.

Tout le livre de Tabucchi est de cette eau là romantique, nostalgique sans tristesse. Il se déguste à petits pas, bien loin du tourisme de masse.

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fév 28 2009

Tess à Rome (2)

Published by Marie-Andrée under la ville

Or donc enfin laissames nous les jeunes gens devant l’entrée des musées du Vatican pour nous en aller au hasard. Et là par les rues tranquilles du “centro storico” j’ai apprécié le charme de cette ville toute d’odeurs à ras du museau. J’en ai collectionné moult. De quoi savourer des mois durant au fond de mon panier. Nous avons fini par nous poser piazza Navona au soleil à une terrasse pour compter les japonais qui passaient, entendre les joueurs de guitare, observer la foule touristique en mouvement, entendre au loin une manif et guetter l’inactivité des policiers dans leurs uniformes élégants. Et oui j’ai pu jeter un petit coup d’oeil sur ses griffonnages puisqu’elle m’a fait l’honneur de me prendre sur ses genoux tandis qu’elle buvait son verre de vin. Elle n’a pas été très généreuse pour le partage du “Panino” alors que j’avais grand faim. Elle ne fanfaronait plus quand un brave homme de vendeur de marrons m’a jeté des morceaux du sien que j’ai happé avec toute la célérité nécessaire à l’exercice pour qu’il recommence, ne coupe pas son élan de générosité. Et ce saint homme ne cessait de déplorer que ce pauvre “cagniolino mourait de faim”.  J’ai bien compris qu’Elle avait un peu honte sous son sourire de façade. Elle qui me faisait boire dans les flaques laissées par l’orage de la veille. J’avais les coussinets douloureux après une telle journée de marche, du Vatican jusqu’au Colisée et par mille détours plus ou moins intéressant. Et la fontaine de Trevi à mon avis est bien surfaite quand à sa réputation. Je lui ai préféré quelques encoignures savoureuses qui semblaient laisser ces pauvres ignares d’humains indifférents. Ils devraient accorder un peu plus d’attention leur flair.

Fort heureusement la gamelle était pleine à l’hôtel.

Le lendemain direction la campagne. Plaisant, Ostia antica. J’étais libre de vagabonder à mon aise de talus en talus sans ma laisse. Pas beaucoup de collègues, pour ainsi dire aucun sinon un vague bâtard qui se roulait dans l’herbe, un pouilleux pour sûr, plein de puces (alors que je n’en ai pas moi !). Elle ne serait pas mise en tête de vouloir m’instruire de l’histoire de Rome les choses eussent été parfaites sous tous rapports. D’autant que son guide de 1963 est un peu vieillot dans sa présentation, enfin elle prétend délicieusement désuet. Chacun a sa façon de ressentir les choses. Je me garderai bien d’émettre un jugement sur ses lectures.

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fév 28 2009

Tess à Rome (1)

Published by Marie-Andrée under la ville

Rome, Rome, Rome…

Depuis le temps qu’Elle me cassait les oreilles avec son refrain. La plus belle ville du monde et tout et tout, les musées, les tableaux, Canova, Caravagge et les autres, La légèreté de l’air, un ciel plus bleu que bleu, des pins, parlons en des pins tu penses si elle me laissait sniffer à mon aise. J’t'en fiche ! L’étagère se remplit de bouquins d’art qu’Elle n’ouvre pas si souvent qu’elle veut bien le laisse paraître. Moi je vois tout depuis mon panier. Elle passe plus de temps à en rêver qu’à étudier. Enfin je ne prétends pas me montrer plus courageuse. Mais pour attirer son attention il faut que j’en fasse des grâces. Elle oublie même de remplir ma gamelle parfois. Si encore elle voulait bien s’installer sur son canapé et regarder la télé comme tout le monde avec moi qu’elle caresserait sur ses genoux. Mais non elle geek ! Enfin il parait que c’est ce qu’on dit.

Bref enfin Elle n’avait pas le choix il lui a bien fallu se décider à m’emmener à Rome. Pour ce faire n’a-t-Elle pas commencé à me laver ? Je vous demande un peu. Pour un peu Elle me brossait. Un peu long le voyage avec juste un petit pipi sur le macadam de la station essence pour toute pause. J’ai montré ma mauvaise humeur en refusant de boire dans la voiture. J’allais m’en mettre plein les moustaches. Bien fait G est resté comme un … avec la gamelle d’eau à la main pendant, je sais pas pendant puisqu’il parait que je n’ai pas la notion du temps.

Enfin les pavés. Hum que d’odeurs ! Alors là parlez moi de ça. Une ville avec des murailles odorantes, des poteaux, des poubelles même. Que de délices. J’en avais la tête qui tournait. Pas de chance d’un coup l’arrosage. Quel orage ! Pour ma mise en plis une catastrophe. Je savais bien qu’il ne fallait pas me baigner, ça sert à rien. Elle aurait pu me porter sous son parapluie.  Et pour arranger le tout la voilà qui disparait dans une église. Moïse, il parait qu’on l’a sauvé des eaux celui là. J’aurais aimé qu’on en fît autant pour moi en l’occurence. Que nenni ! De retour à l’hôtel j’ai tout de même été bien bouchonnée dans une grande couverture tandis que les chaussures étaient mises à sécher sur les radiateurs.

Fort heureusement le lendemain le soleil était revenu. A moi les bonnes odeurs. Je passe sur le trajet en métro, détestable, j’ai perdu toute dignité enfouie dans le blouson avec tous ces inconnus qui se moquaient de ma mine effarée.

ST Pierre m’a un peu déçue. D’abord il a fallu attendre les deux autres parce que, parait-il je n’avais pas droit moi à voir la Pieta. J’espérais au moins qu’on irait se promener mais non, rien du tout il a fallu attendre sur ces pavés presque vierge de toute odeur canine intéressante tandis qu’elle griffonnait en rêvassant.

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oct 17 2008

Les sources

Published by Marie-Andrée under hors les murs

On aura beau faire, on aura beau dire, jouer les blasés il n’en reste pas moins qu’Athènes reste une part mythique de notre culture.

Alors depuis la terrasse de l’hotel on reste à siroter un verre de Retsiné en regardant le soleil décroitre sur le Pirée et la lune monter au dessus de l’acropole. Tout est dit.

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sept 20 2008

gare au fascime rampant.

Published by Marie-Andrée under la ville

L’affaire était faite. J’avais entendu le concert,  je pouvais enfin aller me coucher. C’était sans compter sans mon GPS qui s’est fait un malin plaisir de m’envoyer sur le périphérique extérieur histoire d’éviter les bouchons peut-être mais à minuit on est pas si nombreux dans les rues. Je vous passe les longues avenues quasi désertes le long d’espaces verts ou bien de chantiers ou de je ne sais quoi qui ne vous donne pas envie de faire une pause. Ouf le réservoir est plein. Me voici sur le périférique. Que de monde à minuit ! Et tous aussi pressés que moi de regagner leurs lits. J’ai bien failli me retrouver à Venise tant j’avais l’esprit embrumé par le sommeil. Heureusement que cette fichue machine s’exprime de manière assez autoritaire pour me faire choisir la bonne option à chaque croisement. Je suis rentrée au final mais j’aurai du mal à refaire le trajet. C’est utile certes mais au bout du compte on ne sait plus très bien où on va et ni certainement comment on y va. Autre exemple de dispute sans solution avec la machine. Lorsque je pars en France je passe par le Mont Blanc. J’aime bien le Val d’Aoste et il y a moins de monde qu’autour de Turin et bien je vous le donne en mille l’infernal dictateur électronique ne veut rien entendre de mes arguments. Je dois suivre l’autre route. Alors c’est la dispute, « sortez à droite », « faites demi tour » etc… Jusqu’à ce qu’enfin j’appuie sur le bouton libérateur qui lui coupe le sifflet. Pire encore je le mets en italien pour changer la rengaine et le voilà qui se permet de me tutoyer ! Où est donc passée la courtoisie italienne ? Mais quand on se trouve au beau milieu de nulle part il faut bien obéir, à contre coeur en sachant bien qu’il y a certainement un chemin plus court. Il ne paye pas l’essence lui on le voit bien ! L’autre soir pour trouver une boutique dont je n’avais que l’adresse je le mets en route et il m’emmène à mon centre commercial habituel par un chemin obscur, volontairement allongé je n’en doute pas. Je le soupçonne d’accointances louches avec mon distributeur de carburant. Prenez garde, je vous aurai avertis.

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